Cessez-le-feu en Macédoine

Par L.V. et F.L. , le 12 juin 2001 à 11h21 , mis à jour le 11 juin 2001 à 11h36

La violence a décru lundi en Macédoine. Les guérilleros albanais de l'UCK ont annoncé une trêve de 24 heures, pendant que les troupes de Skopje suspendaient toute opération militaire pour permettre de secourir des civils piégés dans la zone des combats. Tout au long du week-end, des habitants albanais du secteur d'Aracinovo, craignant les bombardements, ont fui vers le Kosovo.

Photo : Mladen Antonov (AFP) © INTERNE

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Le gouvernement macédonien et la guérilla albanaise ont suspendu simultanément lundi leurs opérations militaires, pour une durée cependant incertaine, Skopje maintenant son refus de négocier avec les rebelles qui se sont dits prêts dimanche à attaquer la capitale. Qualifiant ces menaces de "sérieuses", le conseiller du président Boris Trajkovski pour la sécurité nationale, Nikola Dimitrov, a réaffirmé que Skopje ne "négocierait jamais" avec l’UCK. Il a assuré que la suspension des combats, lundi à partir de 13h30 n'avait "rien à voir avec l'ultimatum de la guérilla", et que son but était d'envoyer une mission humanitaire au secours des civils piégés dans la zone des combats proches de Kumanovo, dans le nord du pays. La guérilla de son côté a proclamé un cessez-le-feu de 24 heures expirant mardi à 14 heures, dans un communiqué de son représentant politique, Ali Ahmeti.

Durant le week-end, 11.000 femmes et enfants albanais se sont réfugiés au Kosovo voisin.

Lundi à l'aube, les chars et l'artillerie déployés autour des villages voisins de Kumanovo avaient une nouvelle fois ouvert le feu, appuyés par un hélicoptère de combat Mi-24. Mais à la mi-journée, le gouvernement annonçait que les opérations militaires étaient suspendues pour évacuer des civils, et le Comité international de la Croix-Rouge a pu envoyer une équipe à Lipkovo, village occupé par l'UCK au coeur de la zone des combats, où s'entassent des milliers de civils dans des conditions désastreuses. 46 personnes ont été évacuées. Des milliers d'autres villageois ont recommencé à fuir ces derniers jours vers le Kosovo, craignant une extension des combats. 17.000 personnes auraient gagné depuis vendredi la province de Serbie peuplée en majorité d'Albanais.

Sourde aux appels à désarmer et au plan d'amnistie partielle avancé la semaine dernière par le chef de l'Etat, l'UCK avait assuré dimanche qu'elle se préparait à lancer des attaques sur Skopje si les bombardements continuaient. La capacité d'attaque de la guérilla depuis Aracinovo est toutefois difficile à mesurer, le ministre de l'Intérieur, Ljube Boskovski, ayant fait état de 700 à 800 hommes de l'UCK déployés dans cette localité – un chiffre invérifiable. La guérilla a profité néanmoins de cette avancée, sur des hauteurs stratégiques au dessus de Skopje, pour accentuer la pression sur le gouvernement, dont l'armée, faiblement équipée, ne semble pas en mesure de faire face aux rebelles sur deux fronts à la fois, près de Kumanovo et à Aracinovo. Les dirigeants du pays ont d’ailleurs de plus en plus de mal à justifier le manque de résultats des opérations militaires. "La police, impuissante, a remis sans une balle Aracinovo aux rebelles", relevait lundi le quotidien indépendant Dnevnik.

Par L.V. et F.L. le 12 juin 2001 à 11:21
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