Grande-Bretagne : la peur de l'abstention

Par F.A. , le 07 juin 2001 à 16h17 , mis à jour le 06 juin 2001 à 16h33

Le raz-de-marée annoncé du Labour de Tony Blair engendre la peur de l’abstention en Grande-Bretagne pour les législatives d’aujourd’hui. Ces derniers jours, tous les moyens ont été bons pour faire renaître le sens civique des sujets de Sa Majesté.

tony blair elections © INTERNE

E-mails, appel aux vedettes de soap-operas ou encore messages sur téléphones portables… La classe politique britannique a tenté dans la dernière ligne droite d’une campagne électorale apathique de réveiller ses concitoyens. Endormis par la victoire annoncée du Premier ministre sortant Tony Blair sur son rival conservateur William Hague, les Britanniques sont très tentés par l’abstention. Les derniers sondages prédisaient un taux avoisinant les 30 %, le plus élevé depuis 1918 ! Et même si l’avance du Labour s’est réduite à 11 points ces derniers jours, elle n’a pas relancé le suspense. Tony Blair devrait donc obtenir une large majorité ce soir à la Chambre des Communes.

REFERENDUM EN IRLANDE

Près de 2,9 millions d'Irlandais sont appelés aux urnes jeudi pour participer à un référendum sur le traité de Nice, conclu par les Quinze le 11 décembre 2000 et qui a pour but de réformer les institutions dans la perspective de l'élargissement de l'Union européenne. L'Irlande est le seul membre de l'UE à organiser un référendum sur cette question. Le gouvernement irlandais et les deux principaux partis d'opposition soutiennent le traité. Toutefois, le nombre d'Irlandais soutenant le Traité de Nice a baissé de sept points à 45%, selon un sondage publié à moins d'une semaine du référendum sur la ratification. Une victoire du non en Irlande serait fatale au traité de Nice, qui doit être ratifié par les 15 pays membres de l'UE pour entrer en vigueur. Son sort est entre les mains du quart des Irlandais qui, selon le dernier sondage, n'ont pas encore décidé dans quel sens ils voteraient.

"Votre avenir est entre vos mains, pas dans les miennes, ni dans celles des commentateurs et des instituts de sondage" martelait encore hier Tony Blair aux 44,3 millions d'électeurs. Un message que des dizaines de milliers de Britanniques ont trouvé dans leur boîte à lettres, sous forme d'une missive manuscrite signée Michelle Collins et Ben Hull, vedettes des feuilletons télévisés EastEnders et Hollyoaks, ou encore Peter Reid, entraîneur du club de football de Sunderland. Au total, le Labour comptait appeler plus de 5 millions d'électeurs, distribuer 10 millions de prospectus, envoyer 100.000 messages sur des téléphones portables et 30.000 e-mails. " WUCIWUG .. VTE LBR 2MORO" affirmait un message électronique en abrégé destiné à l'électorat jeune, le plus susceptible de s'abstenir. Soit, traduit pour le non-initié : "what you see is what you get, vote Labour tomorrow" (Avec nous, pas de mauvaises surprises, vote Labour demain).

Le football mobilise plus…

Outre ces techniques très marketing, Tony Blair, William Hague et leur homologue du parti libéral-démocrate, Charles Kennedy, ont également donné de leur personne hier. Ils ont mobilisé ce qui leur restait d'énergie pour parcourir chacun environ 1.600 km. Tony Blair a estimé que la campagne avait consacré "la défaite totale et intégrale des conservateurs dans leurs choix politiques", les sondages indiquant que leur opposition à l'euro n'a reçu qu'un soutien mitigé du pays. Le Premier ministre en a profité pour démentir avoir l'intention de plaider pour une adhésion à l'euro dès septembre, dans le but de gagner un referendum en 2002, comme l'affirme le quotidien The Independent. William Hague a de son côté appelé les Britanniques à sanctionner "l'arrogance, la manipulation et les promesses reniées" des travaillistes.

En fait, ceux-ci semblaient beaucoup plus concernés par le déplacement décisif de leur équipe nationale de football en Grèce dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2002…

Le candidat conservateur a échappé de justesse à la mort

Le dirigeant conservateur William Hague a échappé de justesse "à la mort", il y a deux jours, selon le journal britannique The Sun. L'hélicoptère qui emmenait le candidat à Shrewsbury, dans le centre de l'Angleterre, pour une réunion électorale, a failli entrer en collision avec un autre hélicoptère. Une révèlation qui intervient le jour du scrutin. Les instances du parti conservateur ont confirmé l'incident. Le responsable tory était accompagné de son épouse, de quatre assistants et d'un officier de police. "Nous avons tous été très calmes et nous avions raison de l'être puisque nous avions le meilleur pilote de la profession", a déclaré William Hague au Sun.

Par F.A. le 07 juin 2001 à 16:17
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience