Huang Qi n'a toujours pas droit à un procès

Par Léonard VINCENT , le 27 juin 2001 à 17h46 , mis à jour le 26 juin 2001 à 18h05

Au tribunal civil de Chengdu devait s'ouvrir aujourd'hui, pour la deuxième fois, le procès du cyber-dissident Huang Qi, après plus d'un an d'une détention dégradante. Il a été une nouvelle fois reporté. En février, son premier procès n'avait pu avoir lieu, étant donné son état de santé déplorable.

Huang Qi, filleul de tf1.frAu 1er janvier, 107 journalistes étaient également emprisonnés pour avoir simplement exercé leur métier. Parmi eux, le cyber-dissident chinois Huang Qi, dont tf1.fr est le parrain. Arrêté en 2000 puis condamné pour " subversion " et " incitation au renversement du pouvoir de l'Etat ", il doit normalement être libéré le mois prochain. © INTERNE

Peu avant l'ouverture de l'audience mercredi, la séance était reportée "à cause du 80ème anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois".

L'acte d'accusation de la police de Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine, charge Huang Qi, le webmaster du site http://www.6-4tianwang.com de rien de moins que "d'avoir voulu diviser la nation et renverser le pouvoir politique de l'Etat". Le cyberdissident chinois devait comparaître aujourd'hui devant le tribunal intermédiaire de sa ville, après plus d'un an de détention et le report de son premier procès, pour cause d'état de santé déplorable. Mais peu avant l'ouverture de l'audience mercredi, le porte-parole du tribunal de Chengdu a indiqué que la séance était reportée "à cause du 80ème anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois". Comme la première fois, malgré les demandes des plusieurs ambassades occidentales à Pékin, aucun diplomate étranger n'était autorisé à assister aux audiences, "secrets d'Etat" obligent.

tf1.fr PARAINNE HUANG QI

Dans le cadre de la campagne de parrainages de journalistes emprisonnés initiée par Reporters sans frontières, tf1.fr a choisi de soutenir le cyberdissident chinois Huang Qi. Nous vous tiendrons donc informés de toute information qui nous parviendraient sur la situation de ce jeune homme, iniquement emprisonné en Chine pour avoir fait valoir la liberté d'expression qui devrait prévaloir sur l'Internet.

Mis au secret, obligé de dormir dans les latrines, les dents brisées, défendu grâce à des dons anonymes, cet ingénieur en informatique de 37 ans, marié et père d'un petit garçon, risque la prison à vie. Son seul tort est d'avoir laissé publier l'année dernière, sur un forum, des informations politiques, portant notamment sur les dissidents, le mouvement séparatiste au Xinjiang, la secte interdite Falungong ou encore demandant la révision du verdict officiel sur les manifestations pro-démocratiques qui avaient conduit à la répression sanglante de juin 1989. Aucun des articles incriminés n'avait toutefois été écrit par Huang Qi : ils avaient été envoyés sur le site par des internautes chinois. La justice lui reproche notamment d'avoir laissé publier une lettre ouverte de Ding Zilin, père d'un lycéen tué pendant le massacre du second printemps de Pékin, que les autorités s'obstinent à considérer comme un simple "incident contre-révolutionnaire".

Lors de son premier procès, son épouse n'avait pu voir
son visage blessé qu'à travers les vitres de la porte de la cour.

Contactés par tf1.fr, les responsables du site, basés aux Etats-Unis, avaient, en février dernier, endossé la responsabilité de ce qui a été publié. "Nous avons publié un communiqué assumant la pleine responsabilité des contenus du site et des BBS, hébergé en Amérique depuis avril 2000", soit deux mois avant l'arrestation du jeune internaute, nous avait indiqué le correspondant de 6-4tianwang.com aux Etats-Unis. Lors de son premier procès, l'épouse de Huang Qi n'avait pu voir le visage blessé de son mari qu'à travers les vitres de la porte de la cour. Cette fois encore, elle n'est pas autorisée à pénétrer dans la salle d'audience. Toujours dans la ville de Chengdu, logée chez ses parents, "elle n'a pas eu le courage de raconter à son fils de 9 ans ce qui est arrivé à son père, avait-il également raconté à tf1.fr le gestionnaire actuel du site 6-4tianwang.com. Mais elle est très forte." Ses amis, qui ont pris sur eux de continuer à animer son site, ont finalement pu réunir assez d'argent pour financer sa défense, assumée par "deux bons avocats", selon le webmaster actuel de son site.

Par Léonard VINCENT le 27 juin 2001 à 17:46
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience