tf1.fr — La Kabylie vient de vivre deux jours très violents qui ont fait une vingtaine de morts. Comment évolue la situation sur le terrain aujourd’hui ?
El-hadi Ould Ali — La Kabylie est à feu et à sang. Mardi soir, dans plusieurs endroits, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur la population, faisant des morts et des blessés. A Aïn El Hammam, dans la région de Tizi-Ouzou, six jeunes ont été blessés par balles. A Larbaa Nath Irathen, un adolescent a été écrasé par un camion blindé appartenant aux forces anti-émeutes. Et, à Akbou, dans le département de Béjaïa, les gendarmes ont tiré sur la foule. Au moins cinq personnes ont été tuées et 120 blessées. Aujourd’hui, le calme n’est toujours pas revenu. Dans la ville de Tizi-Ouzou, les affrontements se poursuivent depuis ce matin. Et je viens d’apprendre que les forces de sécurité violent des domiciles et s’attaquent aux biens privés, notamment les magasins.
tf1.fr — Mais les comités de villages ont appelé au calme et à la vigilance…
Vers une révolution |
tf1.fr — Les forces de sécurité ont suspendu l’usage de balles réelles durant plusieurs jours. Pourquoi tirent t-elles à nouveau sur les manifestants ?
E.O.A. — Les forces de l’ordre n’ont jamais de renoncer définitivement à l’utilisation des balles réelles. Le pouvoir, qui s’est engagé dans une dérive suicidaire, est prêt à tout pour faire cesser les manifestations. Il ne veut ni dialoguer ni chercher une solution ou un accord avec les représentants de la population. Il continuer à réprime les manifestants et à les insulter le soir à la télévision en les traitant de voleurs et de pilleurs.
tf1.fr — Le pouvoir veut interdire les marches à Alger. Quelle est votre réaction ?
E.O.A. — La Coordination national pour la défense des libertés démocratiques (CNDLD) dont nous faisons partie vient d’organiser un sit-in devant le siège de la télévision algérienne. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes pour dénoncer la partialité de la télévision, que les Algériens appellent "télé-division". Nous n’avons demandé aucune autorisation pour organiser cette manifestation et nous ferons de même dans l’avenir. Nous soutiendrons et nous participerons à toutes les marches qui seront organisées à Alger pour défendre la démocratie. La capitale appartient à tous les Algériens et il est hors de question que le pouvoir décide d’interdire les manifestations.
tf1.fr — Le Président Bouteflika a annoncé qu’il n’avait pas d’interlocuteurs en Kabylie…
E.O.A. — Le pouvoir refuse d’avoir des interlocuteurs. Des représentants de la population de la population existent aussi bien au sein de la société civile que dans la classe politique. Ils ont été démocratiquement choisis par la population kabyle, ils sont visibles et tout le monde les connaît.








