© INTERNE![]() Le siège du TPI à La Haye - DR |
Folle nuit
Ce qui aurait pu sembler inimaginable il y a un an, alors qu'il était encore président de la Fédération yougoslave, a été accompli jeudi 28 juin 2001 : Slobodan Milosevic a passé sa première nuit au centre pénitentiaire de l'ONU à Scheveningen, banlieue de La Haye, Pays-Bas. Exfiltré de Belgrade dans la plus grande discrétion à bord d'un hélicoptère militaire puis d'un avion Orion, via Tuzla en Bosnie-Herzégovine, l'inculpé Milosevic a ensuite été transporté par hélicoptère de l'aéroport militaire de Valkenburg à la prison du TPI. Des images tournées par la chaîne néerlandaise NOS montre une silhouette aux cheveux blancs encadrée par deux hommes, sans doute menottée, s'avançant vers le bâtiment pénitentiaire, en pleine nuit, dans la cour centrale (Cliquez ici pour voir la vidéo).
Après avoir subi un examen médical, pris connaissance de ses droits et intégré sa cellule, Slobodan Milosevic se verra remettre l'acte d'accusation n°IT-99-37 "Milosevic et al." rédigé par l'ancien procureur Louise Arbour, sous les chefs de "crimes contre l'humanité et violations des lois et coutumes de la guerre" pour sa responsabilité dans la guerre du Kosovo. Une acte élargie à de nouvelles investigations, qui ont amené les autorités serbes à déterrer ces dernières semaines des centaines de cadavres d'Albanais tués par l'armée yougoslave en 1999, parfois dans les environs de Belgrade. Comme l'a rappelé le procureur Del Ponte, un acte d'accusation portant sur les guerres de Croatie et de Bosnie est en préparation et sera produit à l'automne. Mardi matin à 10 heures, Slobodan Milosevic comparaîtra en public devant une chambre du TPI. Lui sera lue l'intégralité de l'acte déjà rédigé, à propos duquel il aura l'occasion de plaider coupable ou non-coupable.
Crise à Belgrade
![]() Vojislav Kostunica - DR |
Après que la Cour constitutionnelle eut "suspendu l'application" du décret permettant un tel transfert, adopté de haute lutte la semaine dernière par le gouvernement, les démocrates serbes ont opéré un coup de force politique, à la veille de l'ouverture d'une conférence vitale pour l'économie exsangue du pays (Cf. notre article "Belgrade rencontre les chéquiers internationaux"). La crise au sommet est aiguë désormais, sans que l'on puisse se hasarder à des pronostics sur l'avenir de la coalition qui a mis à bas l'ancien régime en octobre dernier.
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