© INTERNECela devait être une sommet sans histoire. Mais les Irlandais sont passés par là. Leur vote contre le Traité de Nice a mis l’Union européenne dans la même situation qu’en 1992, lorsque le Danemark avait également rejeté par référendum le Traité de Maastricht. Résultat : le sommet de Göteborg, qui se déroule jusqu’à samedi, n’a rien d’une sinécure pour les dirigeants européens.
Exit les envies de la Suède de faire avancer le dossier du "développement durable" qui vise à concilier croissance économique et respect de l'environnement. Les chefs d'Etat et de gouvernement des Quinze vont en effet s'attacher en priorité à lever l'hypothèque irlandaise qui menace un traité dont le seul mérite est, de l'avis général, de pouvoir faire passer l'UE de 15 à 27 membres ou plus.
Bernie Ahern très attendu
Réunis lundi à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères ont arrêté la stratégie d'ensemble. Premier point : il est "exclu" de renégocier le traité, six mois seulement après des discussions cauchemardesques qui n'ont laissé que de mauvais souvenirs. Second point : les négociations d'adhésion doivent se poursuivre au même rythme. " Il sera néanmoins difficile de faire comme si rien ne s'était passé. Il faudra qu'ils trouvent un moyen de prendre acte de la méfiance manifestée par le seul peuple appelé à se prononcer par référendum" estime un haut fonctionnaire à Bruxelles.
Star, bien malgré lui, de la réunion : Bernie Ahern. Le Premier ministre irlandais, qui s’était fortement engagé pour le " oui ", expliquera sa vision des choses. Il devra dire comment il faut revenir devant ses électeurs, vraisemblablement après avoir obtenu des Européens une "déclaration" destinée à apaiser leurs craintes.
Calendrier d’adhésion
Outre le " problème " irlandais, les Quinze devraient aussi insister sur leur volonté d'accélérer le débat sur leur avenir, avec en ligne de mire un nouveau traité à l'horizon 2004. Sur le fond, le sommet devrait répéter que la grande affaire du moment reste l'élargissement "historique" de l'UE à 10 pays d'Europe de l'Est, plus Chypre et Malte.
Les Suédois auraient souhaité offrir aux candidats les deux dates qu'ils espèrent avec impatience : fin des négociations d'adhésion en 2002 pour les pays les plus avancés (Chypre, Slovénie, Estonie, Lettonie, Hongrie, notamment) avec à la clé une entrée effective dans l'UE avant les élections européennes de 2004. Mais la grande majorité des membres actuels estiment que de telles promesses seraient "irréalistes". D'autant que les négociations avec les candidats n'ont pas encore débuté sur certains des dossiers les plus sensibles, comme l'agriculture ou la concurrence.
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