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Peres et Sharon évitent le divorce

Edité par
le 18 juin 2001 à 11h41
Temps de lecture
4min
peres sharon

Crédits : INTERNE

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MondeLe Premier ministre israélien Ariel Sharon et son ministre des Affaires étrangères Shimon Peres se sont sèchement affrontés, dimanche, lors d'une réunion du gouvernement. Mais une rencontre de trois heures, dans la soirée, a permis temporairement d'apaiser le conflit entre les deux hommes.

Ariel Sharon et Shimon Peres ont convenu de prolonger le modus vivendi qui prévaut depuis quatre mois.

Un dîner de trois heures, dans la résidence officielle du Premier ministre israélien à Jérusalem, suivi d'une réunion de travail : c'est ce qu'il a fallu à Ariel Sharon et Shimon Peres, dimanche soir, pour apaiser la grave crise qui a fait frôler la chute au gouvernement d'union nationale constitué en février dernier. A l'issue de cette soirée, le chef du gouvernement et son ministre des Affaires étrangères ont convenu de prolonger le modus vivendi qui prévaut depuis quatre mois. Pour faire bonne mesure, une série de décisions tendant à améliorer les conditions de vie des populations vivant en territoire palestinien a également été annoncée. Bref, tout a été fait pour clore l'incident.

Sans doute fallait-il qu'une telle séance d'explication ait lieu pour éviter une crise majeure. Le Premier ministre israélien et son ministre des Affaires étrangères se sont en effet sèchement affrontés, dimanche, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet de sécurité. Selon la reconstitution effectuée par le quotidien Haaretz dans son édition de lundi matin, l'incident a été houleux, après qu'Ariel Sharon eut refusé que Shimon Peres rencontre, lors d'un mini-sommet à Ramallah, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et le président de l'Autorité palestinienne Yasser Afarat. Shimon Peres, prix Nobel de la Paix et artisan des accords d'Oslo, était singulièrement vexé d'avoir appris le rejet de son Premier ministre par une fuite de la radio israélienne, dimanche matin.

Dispute en réunion

Conflit israélo-palestinien Exprimez-vous dans notre forum 
Selon Haaretz, le Premier ministre israélien a rappelé, lors de la réunion du cabinet, que les accords d'Oslo étaient "un échec complet", notant qu'il restait opposé à une rencontre personnelle avec Yasser Arafat "tant qu'il n'appliquerait pas le 'document Tenet' [du nom du directeur de la CIA, qui a conclu un accord de cessez-le-feu avec les deux parties la semaine dernière, ndlr]. Chaque rencontre avec Arafat crée une situation dans laquelle il continue à jouer avec nous".

"Je ne siège pas dans ce gouvernement pour appliquer votre politique."
Shimon Peres

Shimon Peres aurait alors interrompu le chef du gouvernement : "Je me refuse à sièger dans un gouvernement d'union nationale, aurait-il lâché selon Haaretz, dans lequel les décisions sont prises unilatéralement. Un cabinet d'union nationale suppose deux opinions. Je n'accepte pas de directive de quiconque. Je me refuse à me faire dicter ce que j'approuve et ce que je rejette. (…) Je ne siège pas dans ce gouvernement pour appliquer votre politique". Attaqué par des ministres du Likoud qui ont fait valoir le triomphe électoral d'Ariel Sharon comme seule autorité du gouvernement, Shimon Peres a toutefois été défendu par deux ministres travaillistes, même si certaines voix, à gauche, ont vu dans cet incident la marque de l'échec de la stratégie "participative" du prix Nobel à un gouvernement comportant des formations si différentes.

Toutefois, les proches de Shimon Peres ont affirmé que les deux parties ont entériné dans la soirée le fait que "le ministre des Affaires étrangères est autorisé à prendre des contacts et à tenir des rencontres diplomatiques, en coordination préalable avec le Premier ministre". Interrogé par la radio, dimanche, le chef de la diplomatie israélienne a reconnu qu'il existait bien au sein du gouvernement "deux conceptions du monde", ajoutant qu'il ne serait "pas surpris que des divergences et des conflits apparaissent dans l'avenir".

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