Toutefois, le vice-Premier ministre s’est bien gardé de fixer une échéance au transfert de Milosevic vers La Haye, siège du TPI. " Cela dépend des organes judiciaires et je ne m’en mêlerai pas, ni moi, ni le ministère de la Justice, ni le gouvernement fédéral ", a-t-il dit. Le Premier ministre Zoran Djindjic a néanmoins évoqué un délai de 15 à 20 jours. Le Parti socialiste de Slobodan Milosevic a aussitôt annoncé qu’il ferait appel devant la Cour constitutionnelle yougoslave pour obtenir l’annulation du décret.
Promesse obligatoire
C'est au retour de son voyage aux Etats-Unis, début mai, que le président Vojislav Kostunica s'était engagé à faire adopter un texte longtemps évoqué, mais jamais présenté, avant l'été. Une fois la loi adoptée, les Etats-Unis ont promis d'octroyer en effet une aide financière substantielle (jusqu’à un milliard de dollars) à l'économie délabrée de la fédération yougoslave, qui souffre selon les experts d'un retard de 40 ans sur les pays industrialisés. Le Parti socialiste de Serbie de Slobodan Milosevic n'avait pas manqué de dénoncer ce schéma, qualifiant "d'hypocrite" et "humiliant" le transfèrement de citoyens yougoslaves, afin de "supplier pour de l'aide financière".
Impasse législative
A plusieurs reprises, la DOS avait essuyé l'échec des négociations menées de haute lutte par ses représentants auprès de son partenaire gouvernemental du Parti socialiste populaire du Monténégro (SNP). La soumission au vote du parlement yougoslave d'une loi permettant d'extrader des citoyens yougoslaves vers le TPI : c'était non. Le transfert de ce vote au parlement de la seule Serbie : c'était non. Le ministre serbe de la Justice s'était donc résolu à "retirer" le projet de loi de la procédure parlementaire, jeudi en fin de journée.
Mais pour son Premier ministre Zoran Djindjic, leader des réformistes libéraux participant au pouvoir de Belgrade, il était "temps de prendre une décision claire". Tiraillé entre une population méfiante envers le TPI, une opposition pro-Milosevic puissante et un carcan législatif très contraignant, le gouvernement réformiste présidé par Vojislav Kostunica a choisi. Le vice-Premier ministre serbe Zarko Korac a d'ailleurs résumé le dilemme de Belgrade d'une formule simple : "C'est lui ou nous".








