© INTERNELe Premier ministre israélien, Ariel Sharon, est en visite aux Etats-Unis, parrains in extremis de la fragile trêve entre l’Etat juif et les Palestiniens. Il s'est entretenu mardi avec le président Georges W. Bush. Les deux hommes se rencontrent pour la deuxième fois depuis l’entrée en fonction de Sharon, il y a trois mois. Cette nouvelle étape souligne l’importance que le Premier ministre israélien accorde au soutien des Etats-Unis, premier allié traditionnel d’Israël, et à ses bonnes relations avec un président américain qui, jusqu’ici, s'est beaucoup moins impliqué au Proche-Orient que son prédécesseur Bill Clinton. Comme préliminaire à cette rencontre, Israël exige l’arrêt total de la violence, condition sine qua non de toute avancée politique avec les Palestiniens. Cette position est destinée, selon l’entourage d’Ariel Sharon, à rejeter d’avance toute pression américaine en vue d’une acceptation par Israël d’un dialogue politique. Mais pour George W. Bush, "il est possible d'aller de l'avant même si les violences n'ont pas cessé totalement sur le terrain".
Pas de divergence sur le plan Mitchell
Les discussions portent notamment sur le rapport du sénateur américain Mitchell, publié le 21 mai dernier, qui préconise un arrêt immédiat, sans conditions et bilatéral des violences, le gel total de la colonisation juive et une reprise des négociations. Bien qu’un cessez-le-feu ait été arraché le 13 juin par le directeur de la CIA, George Tenet, les violences se poursuivent. Depuis sa proclamation, neuf Palestiniens et six Israéliens (trois colons et trois militaires) sont morts et les échanges de tir sont quotidiens.
Shimon Peres, ministre israélien des Affaires étrangères, exclut une réelle confrontation entre Sharon et Bush : " Il n’y a pas de divergence avec les Américains sur le rapport Mitchell. Notre seul désaccord porte sur le moment à partir duquel commencera la période d’accalmie de six semaines préconisée par le rapport ". En effet, si les Américains demandent aux Palestiniens la preuve de leur bonne volonté, Ariel Sharon, lui, veut des résultats et tout de suite. Il a même laissé planer la menace, ces derniers jours, d’un arrêt unilatéral du cessez-le-feu. Sans suite.
Gel total de la colonisation
Georges W . Bush, auparavant plus discret sur la question du Proche-Orient, change de stratégie. Face à un scénario cauchemar, le passage à l’offensive de l’armée israélienne en cas de rupture du cessez-le-feu, Bush s’implique davantage en recevant Sharon. Il lui déroule certes le tapis rouge, mais entend bien avoir des réponses claires sur les applications du plan Mitchell, notamment en ce qui concerne le gel total de la colonisation, principale exigence des Palestiniens, qu’Ariel Sharon rejette toujours sous la pression de la droite nationaliste et conformément à son programme électoral. "Nous devons répondre aux besoins de la population", argue Ariel Sharon.
Le Premier ministre israélien, lui, refuse d’aller plus avant dans les préconisations du rapport Mitchell tant que les violences continuent. Il s’efforcera d’obtenir l’accord total de Washington sur ce point, tout en poussant un peu plus sur la touche le leader palestinien Yasser Arafat, qui n’a pas encore été invité à la Maison Blanche par Bush et que Sharon continue de traiter de " dirigeant d’une coalition terroriste ".
Sharon espère donc un accroissement des pressions américaines sur Arafat. Ce qu’il ne peut obtenir mathématiquement qu’en respectant le cessez-le-feu. Sharon rencontrera également Colin Powell, secrétaire d’Etat américain, attendu la semaine prochaine pour une tournée au Proche-Orient. Si cette visite reste improductive, le gouvernement israélien pourrait bien changer de visage.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




