Silence crispé au Proche-Orient

Par Léonard VINCENT , le 07 juin 2001 à 07h00 , mis à jour le 06 juin 2001 à 12h03

La diplomatie semble reprendre ses droits, cinq jours après l'attentat-suicide de Tel-Aviv. Depuis l'appel à un cessez-le-feu inconditionnel lancé par Yasser Arafat, seuls des incidents très localisés étaient signalés entre Israéliens et Palestiniens. Mercredi, le Premier ministre Ariel Sharon a eu des mots très durs envers Yasser Arafat.

vignette proche orient proche-orient israel palestine © INTERNE

Un calme précaire semble régner sur le territoire israélien et dans les territoires palestiniens.

Paradoxalement, il aura fallu qu'un terroriste palestinien se fasse exploser avec sa ceinture de dynamite, vendredi soir à l'entrée d'une discothèque de Tel-Aviv, pour que la reprise des négociations de paix israélo-palestinienne soit de nouveau en vue. Alors que les violences étaient devenues chaque jour plus brutales et inquiétantes, un calme précaire semble régner sur le territoire israélien et dans les territoires palestiniens depuis que le président Yasser Arafat a proclamé vendredi un "cessez-le-feu inconditionnel".

Des affrontements localisés ont encore fait des blessés mardi et mercredi, comme au nord de Ramallah où un bébé juif de six mois a été sérieusement blessé par un jet de pierre, ou en Cisjordanie où un Arabe israélien a été blessé par balles aux jambes, alors qu'il circulait dans sa voiture. Par ailleurs, des tirs contre des colonies israéliennes de la bande de Gaza ont été signalés. Et plusieurs dizaines de milliers de colons ont bruyamment manifesté mercredi soir à Jérusalem, pour exhorter Ariel Sharon à faire engager l'épreuve de force avec les Palestiniens. Toutefois, le ministre des Affaires étrangères israélien Shimon Peres a tenu à souligner mercredi à la radio "le changement survenu ces derniers jours sur le terrain", insistant pour qu'Israël fasse "preuve de retenue" et donne "à Arafat l'occasion de concrétiser le cessez-le-feu". Il a ajouté que la question du gel de la colonisation en territoire palestinien, recommandation majeure du rapport Mitchell et exigence répétée de la communauté internationale, serait débattue "une fois le cessez-le-feu concrétisé sur le terrain et après une période [test] d'accalmie".

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L'initiative diplomatique semble avoir retrouvé un peu de vie, mercredi, alors que la semaine dernière l'impasse semblait totale et que les émissaires internationaux faisaient l'un après l'autre preuve de pessimisme. Néanmoins, le président américain George W. Bush estimait mardi soir que "suffisamment de progrès" avaient été faits sur le terrain pour que le directeur de la CIA George Tenet soit dépêché sur place jeudi, afin d'avoir "des entretiens sur des questions de sécurité" avec les deux parties. Le chef de l'agence de renseignements américain doit s'entretenir avec Ariel Sharon, avant de rencontrer des responsables palestiniens. Selon des sources diplomatiques, l'arrestation de dirigeants du Hamas et du Jihad islamique, libérés par Yasser Arafat à l'automne, sera à l'ordre du jour. Le Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires extérieures Javier Solana avait même évoqué mardi la possibilité d'un sommet Arafat-Sharon "d'ici à une semaine" à condition que la situation évolue dans le sens actuel, c'est-à-dire un retour au calme.

Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a violemment pris à partie Yasser Arafat, dans une interview parue jeudi.

Pourtant, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a violemment pris à partie Yasser Arafat, dans une interview parue jeudi dans l'hebdomadaire allemand Stern, le qualifiant personnellement "d'assassin" et de "menteur pathologique", affirmant "qu'une partie" de l'argent alloué par l'Union européenne à l'Autorité palestinienne "est utilisée pour soutenir les organisations terroristes" et "acheter des armes". Pour l'heure, la direction palestinienne n'a pas réagi à ces propos. Sans doute, dans un climat aussi instable et brûlant, préfère-t-on s'en tenir aux mots prononcés par Shimon Peres, qui depuis quelques mois déploie tous ses efforts pour garder la haute main sur la diplomatie de l'Etat hébreu, en dépit de ses divergences avec son chef de gouvernement.

Par Léonard VINCENT le 07 juin 2001 à 07:00
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