UN OPPOSANT CELEBRE Rédacteur en chef du mensuel Sawt al-Démocratiyya ("La Voix de la démocratie"), publication du Comité de défense des libertés démocratiques en Syrie (CDF), une association de défense des droits de l'Homme, il avait été condamné en 1992 à dix ans de prison et à la suspension de ses droits civils pour avoir dénoncé des violations des droits de l'Homme dans son pays. Le journaliste a reçu plusieurs prix en Occident, comme la "Plume d'or de la liberté" décerné par l'AMJ, le "Prix Reporters sans frontières - Fondation de France" et le "Prix de la liberté de la presse" de l'UNESCO. Le 2 juin, il a encore été distingué par le prix de journalisme italien "Ilaria Alpi". |
Zones d'ombre
Virginie Locussol, responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières, n'avait pas été surprise jeudi par la disparition du journaliste syrien, lauréat de plusieurs prix internationaux. "Lorsque je suis allé le rencontrer au début du mois, a-t-elle raconté à tf1.fr, Nizar a évoqué plusieurs fois devant moi sa crainte de se faire arrêter lors de cette visite médicale." Sa famille, contactée depuis Paris, se disait d'emblée persuadée que les services secrets syriens sont les seuls coupables. Mais le gouvernement syrien se disait très vite "pas responsable de sa disparition, qui pourrait être volontaire", sous-entendant que le journaliste avait organisé une fausse disparition.
Depuis sa libération, Nizar Nayyouf était retourné vivre près de Lattaquié, dans une maison isolée au milieu des vignes, près de la côte. Contacté par téléphone le mois dernier, il disait vouloir "être hospitalisé en France ou en Allemagne." Recevant des journalistes arabes, donnant de multiples interviews, continuant inlassablement à provoquer un pouvoir raide et brutal, il dérangeait. Il disait n'avoir "plus rien à perdre".






