Traité de Nice : l'Irlande dit "non"

Par F.A. , le 08 juin 2001 à 13h19 , mis à jour le 08 juin 2001 à 15h21

Les Irlandais ont-ils porté un coup fatal à l’élargissement de l’Union européenne ? C'est encore trop tôt pour le dire. Ils ont en tout cas voté "non" au référendum sur la ratification du Traité de Nice. Or, pour entrer en vigueur, celui-ci doit être validé par les Quinze membres de l’UE.

drapeau irlande © INTERNE

Les Irlandais seront-ils à Nice ce que les Danois furent à Maastricht en 1992 ? L’Irlande était le seul  pays de l'Union à organiser un referendum sur le Traité de Nice -tous les membres de l’Union européenne ont choisi quant à eux la voie parlementaire. Et comme le Danemark avait dit "non" à l’époque, l’Irlande a rejeté le texte, conclu par les Quinze le 11 décembre 2000 et qui a pour but de réformer les institutions dans la perspective de l’élargissement de l’UE.

Marqué par une abstention record de 70 %, le scrutin organisé jeudi a vu une victoire du "non" à 54 % contre 46 % pour le "oui". Le gouvernement de Dublin et les deux principaux partis d’opposition avaient pourtant milité pour le "oui". Bernie Ahern, le Premier ministre, se dit "profondément déçu" du résultat. "Il semble que la classe moyenne ait voté en faveur du Traité mais dans les zones ouvrières, le vote a été clairement en faveur du "non" explique de son côté le ministre Eoin Ryan.

 Peur de Bruxelles

Le camp du "non" était emmené par les Verts, les nationalistes du Sinn Fein (le bras politique de l'IRA) et deux petites formations qui ne comptent à eux tous que quatre représentants dans un parlement de 166 sièges. La peur de céder davantage de souveraineté à Bruxelles, celle de l'harmonisation fiscale et d'une force européenne - qui pourrait sonner le glas de la traditionnelle neutralité irlandaise – étaient leurs principaux thèmes de campagne.

L’UE pourrait désormais connaître une nouvelle crise. Pour anticiper une telle extrémité, Romano Prodit, le président de la Commission européenne, affirme que l''Union est prête à "prendre en compte les inquiétudes" des Irlandais, mais "sans changer la substance" du texte. Le commissaire à l'élargissement, Guenter Verheugen, estime d'ailleurs que le veto irlandais n'empêchera pas l'élargissement. Reste qu’il le compliquera. A moins de reproposer la question aux Irlandais dans les mois à venir quelques mois, comme ce fut le cas avec les Danois il y a neuf ans après quelques ajustements. Le gouvernement de Dublin pense d'ailleurs organiser un second référendum, après avoir obtenu des "'clarifications", sans pour autant renégocier le Traité.

Par F.A. le 08 juin 2001 à 13:19
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