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Le 17 juillet, des filles habitant un autre quartier de Tébessa, Bab Zouatine, ont été agressées par des jeunes qui les accusaient de "salir la réputation de la ville". Dans la même région, un groupe armé avait déjà attaqué la discothèque "le Gourbi" et égorgé cinq prostituées. Mais l’attaque la plus spectaculaire s’est déroulée, au début du mois, à Hassi-Messaoud, dans le sud algérien. Des dizaines de femmes ont été agressées et violées par la population locale. Gravement atteintes, certaines d’entre-elles auraient succombé à leurs blessures. Les rescapées ont été évacuées vers la maison de jeunes locale. "Elles vivent comme des bêtes, s’indigne devant tf1.fr une journaliste algérienne qui s’est rendue récemment sur place. Les autorités ne leur fournissent que le minimum. Les responsables expliquent qu’ils les ont enfermées pour mieux les protéger. Au lieu d’arrêter les agresseurs, ce sont les agressées qu’on enferme !"
Autorités apathiques
Ces multiples attaques contre des femmes isolées n’ont pourtant pas fait réagir les autorités. Aucune condamnation n’a encore été prononcée contre les agresseurs, soutenus par les mouvements islamistes et les partis conservateurs qui composent la coalition gouvernementale au pouvoir. Une situation d’impunité qui a encouragé les jeunes de Tébessa à s’attaquer à des femmes isolées. Plus inquiétant, des jeunes d’autres villes, comme Oran, Constantine ou Annaba commencent à parler de "la nécessité de lutter contre la débauche dans le pays". Ces attaques ont, en revanche, suscité l’indignation des partis modernistes de l’opposition. Une délégation de femmes parlementaires s’est même rendue à Hassi-Messaoud pour apporter son soutien aux victimes.
Mais, au delà de l’indignation suscitée par ces attaques, cette situation consacre le retour de certaines pratiques en vigueur à la fin des années 1980, au où moment le Front islamique du salut (FIS) était très puissant. Un retour qui coïncide curieusement avec l’apparition d’une rumeur insistante sur la volonté du président Bouteflika d’autoriser les anciens responsables du FIS et de son bras armé, l’AIS (en trêve depuis octobre 1997), à créer un nouveau parti politique.
Le terreau de la misère
Mais cette situation pose également un autre problème : celui de la misère sociale en Algérie. Selon les derniers chiffres du Conseil national économique et social (CNES) algérien, plus de la moitié de la population vit dans la misère. Et la perspective d’un redressement de la machine économique s’éloigne, malgré une conjoncture mondiale favorable à la croissance et une hausse des prix du pétrole qui dure depuis plus de deux ans. Dépassés par la cherté de la vie, beaucoup de pères ont été en effet contraints d’envoyer leur filles "travailler" pour subvenir aux besoins de la famille.
Selon des statistiques officieuses, plusieurs dizaines de milliers d’Algériennes se livrent à cette pratique, souvent dans des conditions très difficiles. |
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