© INTERNEEn Italie, les événements du G8 ont donné lieu à une vaste polémique sur l'attitude répressive de la police face aux manifestants anti-mondialisation. Il y a eu, vendredi, la mort d'un manifestant anti-mondialisation tué à bout portant par un carabinier. Ont suivi le "tabassage" de manifestants qui participaient à un "sit-in" puis, dans la nuit de samedi à dimanche, une descente musclée de policiers dans une école génoise qui servait de centre de presse au Genoa Social Forum (GSF), organisation porte-drapeau de la contestation lors du sommet. Sans mandat, les policiers ont perquisitionné les locaux, usant sans retenue de leurs matraques : une dizaine de personnes ont été blessées, 92 interpellées, et quelques canifs, massues et pioches saisies. Silvio Berlusconi, président du Conseil italien, interrogé sur ces dérives policières, en a rejeté la responsabilité sur le gouvernement précédent, qui avait organisé la sécurité du sommet. "Ce qui devait être une vitrine pour l'Italie s'est transformé en boomerang", a-t-il regretté.
Ambassades italiennes prises pour cible
C'est peu dire. Un peu partout en Europe, des militants anti-mondialisation sont allés manifester devant les ambassades italiennes. A Bruxelles, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade, observant une minute de silence à la mémoire de Carlo Giuliani, le jeune homme tué par un policier vendredi à Gênes. A Stockholm, l'office du tourisme italien a été vandalisé. A Londres, trois manifestants ont été arrêtés pour troubles de l'ordre public alors qu'elles manifestaient, avec 150 autres personnes, devant l'ambassade d'Italie. Enfin, à Athènes, deux voitures italiennes ont été incendiées dimanche après-midi et deux engins de fabrication artisanale ont explosé dans la soirée. Les poseurs de ces engins avaient signé leur acte du nom de Carlo Giuliani.
Il n'y a pas que les militants anti-mondialisation pour s'émouvoir de l'attitude répressive de la police italienne. Peter Hain, ministre de l'Intérieur britannique, a déclaré qu'on ne pouvait pas "défendre ce qui a été fait à Gênes, ni les manifestants encagoulés venus pour mettre la ville à sac (…), ni la réaction disproportionnée de la police".
Gênes : le sommet de l'échec
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