© INTERNELa programmation d'une longue marche dans Alger aujourd'hui, jour du 39e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie a été maintenu par les comités de villages de Kabylie et ce malgré l'interdiction du gouvernement.
Mais en raison de très importants dispositifs de sécurité déployés par les autorités, des milliers de Kabyles étaient toujours bloqués en milieu d'après-midi aux portes de la capitale. De très nombreux barrages filtrant avaient été disposés dès hier sur tous les axes routiers menant à la capitale. Refoulés, les manifestants se sont regroupés dans certaines localités, attendant les instructions de leurs responsables. Une tendance se dégageait pour organiser un sit-in sur place et éviter au maximum l'affrontement.Les délégués des comités de villages et des aârchs (tribus) kabyles, organisateurs de la marche, avaient affirmé leur intention de "marcher pacifiquement" et de remettre une plate-forme de revendication à la présidence de la République algérienne. A Alger, quelques centaines de manifestants étaient rassemblés dans la matinée place du 1er mai, lieu de ralliement prévu par les délégués. Cette place, située sur les hauteurs d'Alger, est actuellement entourée par d'importantes forces de police, équipées notamment de canons à eau.
Quelles revendications ?
A la suite de la manifestation monstre du 14 juin, le gouvernement avait décidé d'interdire toutes les marches dans Alger pour éviter de nouvelles émeutes ou pillages. Une interdiction renouvelée le 2 juillet par le chef du gouvernement Ali Benflis qui a toutefois affirmé que les autorités étaient prêtes à recevoir "une délégation mandatée, à condition qu'elle ne revête pas la forme d'une manifestation de rue", pour recueillir les revendications de ces comités. Formule rejetée par les comités
Les jeunes kabyles sont descendus
par milliers dans les rues d'Alger
La plate-forme des revendications prévoit notamment "un départ immédiat" de toutes les brigades de gendarmerie de Kabylie, accusées de provocations et de favoritisme, un plan d'urgence socio-économique pour lutter contre le chômage, ainsi que le rejet des commissions d'enquête du pouvoir sur les émeutes dans cette région. En ce qui concerne le départ des gendarmes de Kabylie, le chef de gouvernement avait déjà indiqué que cette "exigence" était "irrecevable". Les émeutes avaient éclaté en Kabylie après la mort d'un lycéen, le 18 avril, dans la gendarmerie de Beni Douala, près de Tizi Ouzou.
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