L'épopée transsibérienne du "Grand Leader"

Par L.V. , le 27 juillet 2001 à 15h31 , mis à jour le 26 juillet 2001 à 15h56

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il a franchi jeudi la frontière russe en Extrême-Orient pour un long voyage en train jusqu'à Moscou. Il rencontrera le président Vladimir Poutine, lors de sa première visite à l'étranger, exception faite de la Chine communiste.

Image : NTV © INTERNE


Kim Jong-Il - DR
Le train blindé de Kim Jong-Il a franchi le poste-frontière de Khasan, à 8 heures du matin jeudi. Les images diffusées par les télévisions ont montré l'accueil qui lui a été fait par le représentant du Kremlin en Extrême-Orient Konstantin Poulikovski. Une jeune femme en tailleur blanc a remis au "Grand Leader" un gros bouquet de fleurs rouges. La télévision russe croit savoir que, petite fille, lorsqu'elle était pionnière communiste, elle avait offert au même endroit un même bouquet au père de Kim Jong-Il, Kim Il-Sung.

VOYAGE A ETAPES

"Kim Jong-Il a une peur pathologique de l'avion", affirmait mercredi le quotidien russe Izvestia. Mise à part la Chine communiste, il s'agit de la première visite officielle à l'étranger de Kim Jong-Il, considéré comme le dernier dirigeant stalinien de la planète. Sur le chemin qui doit le conduire à Moscou, il devrait faire une halte à Khabarovsk, non loin de Vladivostok, où son père avait fait une partie de ses études et effectué son service militaire. Il pourrait également s'arrêter à Novossibirsk et Irkoutsk, en Sibérie.

Pendant l'arrêt à la gare de Khasan, Kim Jong-Il s'est notamment informé de la santé du président russe, selon M. Poulikovski. "Tous les pourparlers auront lieu à Moscou. J'ai reçu l'ordre du président d'accompagner Kim Jong-Il tout au long de son trajet", a-t-il en outre expliqué. Le train personnel de Kim Jong-Il, fabriqué au Japon, suivra le trajet du Transsibérien sur une longueur de 9.500 kilomètres et doit arriver le 4 août à Moscou.

Rencontre au sommet

Le sommet avec Vladimir Poutine, qui portera principalement sur les liens bilatéraux et des questions de politique régionale, était initialement prévu en avril mais avait été reporté en raison d'un différend sur des demandes nord-coréennes. Kim Jong-Il souhaite acquérir de nouveaux tanks, des avions de chasse et d'autres équipements militaires de pointe, a affirmé l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, ajoutant que Pyongyang demandait également à la Russie de lui fournir du pétrole. Selon la presse sud-coréenne, Pyongyang a accepté de rembourser une dette de 5,5 milliards de dollars à la Russie sur une période de 30 ans, facilitant cette visite.


Les leaders nord et sud coréens - DR
Le déplacement de M. Kim a été évoqué pour la première fois en juillet 2000 lors de la visite "historique" en Corée du Nord de Vladimir Poutine qui souhaite que son pays joue un plus grand rôle en Asie. Ce sommet de juillet 2000 avait permis de relancer les relations entre Moscou et Pyongyang qui s'étaient rafraîchies après la normalisation des relations entre Moscou et Séoul en septembre 1990. Deux accords de coopération militaire entre Moscou et Pyongyang ont été signés en avril, dont l'un sur la modernisation de l'armement, en grande partie soviétique, des forces nord-coréennes. "Le sommet Poutine-Kim pourrait apporter une importante contribution de la Russie au règlement du conflit dans la péninsule coréenne car Séoul est convaincu que Kim Jong-Il ne se rendra en Corée du Sud qu'après être passé par la Russie", soulignait vendredi la presse russe.

Par L.V. le 27 juillet 2001 à 15:31
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