Fin sanglante pour Phoolan Devi

Par Léonard VINCENT , le 25 juillet 2001 à 15h14 , mis à jour le 25 juillet 2001 à 15h33

La vie aventureuse de Phoolan Devi s'est terminée mercredi après-midi, lorsque plusieurs tueurs ont criblé de balles celle qui était encore appelée "La Reine des bandits".

inde phoolan devi en armes © INTERNE


Une élue respectable - DR
New Delhi, en début d'après-midi mercredi. La députée de Mirzapur, ville proche de Bénarès, Phoolan Devi, 38 ans, sort de sa résidence officielle. Plusieurs hommes se précipitent alors sur elle, criblant de balles le corps de cette petite femme et celui de son garde du corps. Quelques minutes plus tard, un responsable de l'hôpital où elle a été conduite après l'attentat a annoncé sa mort à la presse. "Elle a été atteinte par quatre ou cinq coups de feu, et il ne reste presque plus rien de sa tête." Quatre ou cinq coups de feu qui mettent fin à un invraisemblable western du sous-continent, une histoire de bandits de grand chemin et de richissimes pervers à laquelle, aujourd'hui, l'Inde seule sait donner naissance.

Phoolan Devi est née dans la misère, la soumission et la violence. Elevée dans une famille pauvre du nord rural de l'Inde, elle est mariée de force à 11 ans, puis s'enfuit le plus loin possible d'un mari trois fois plus vieux qu'elle, dont elle ne connaît que les coups et les ordres. Enlevée par un bandit à la moustache extravagante, dont elle tombe vite amoureuse, elle est violée par les propriétaires terriens d'une caste supérieure et assiste, impuissante, à l'assassinat de son Robin des bois d'amant par ses agresseurs. Retirée dans la jungle, elle organise en 1981 une razzia contre ses 22 violeurs et les fait exécuter par sa troupe de brigands va-nu-pieds, qui désormais n'obéissent qu'à la rebelle au ruban rouge.

La Reine des bandits

En février 1983, après plusieurs jours de négociations, elle se rend à un chef de la police désarmé, une cartouchière en travers de la poitrine. Emprisonnée après une équipée rocambolesque, la brûlante Phoolan Devi est, pour les uns, une criminelle maudite, la folle amazone assoiffée de meurtres et de rapines de l'Uttar Pradesh. Pour les autres, elle est le bras armé des basses castes, des miséreux et des opprimés, la "Reine des bandits".


Après sa reddition - DR
Onze ans de prison, sans jamais aucun jugement, ne calment pas Phoolan Devi, devenue entretemps une figure mythique de l'Inde des années 80. Même le cinéaste Shekhar Kapur, l'une des étoiles montantes de Bollywood, se fend alors d'un long métrage populaire, relatant l'équipée de cette hors-la-loi hors normes. Libérée en 1994 sur ordre de la Cour suprême, la Reine des bandits se présente aux élections législatives dans l'Uttar Pradesh et obtient une majorité haut la main, triomphe qu'elle renouvellera en 1999 avec un programme de "défense des femmes et des opprimés". Remariée, devenue respectable après avoir été forcément respectée, Phoolan Devi n'a pu mourir autrement qu'en bandit.

Par Léonard VINCENT le 25 juillet 2001 à 15:14
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2 Commentaires

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  • chaheen, le 10/04/2010 à 22h04

    Son histoire m'a profondément touchée. Pour moi Phoolan Devi est une femme forte, courageuse, battante. Elle m'inspire beaucoup. Certes, elle a verser beaucoup de sang. Mais je pense que la société en est pour beaucoup. Comment peut on faire souffrir quelqu'un à ce point ? Pire, voir une personne souffrir et e rien faire. Comment peut-on encourager des actes comme le viol etc. Je pense que qui sème le vent récolte la tempête. Non ?. Quiconque dans cette situation aurait fait la même chose . Ou pire. Ou encore ce serait suicider. A la lecture de ce roman ma gorge se serre et les larmes ne cesse de couler de mes yeux. Je ne m'imagine même pas dans une telle situation. Ca fait bien trop peur. Quel triste destin ! Je me pose toujours cette question. Dieu a t-il vraiment abandonné Phoolan ? Si non, pourquoi tant de souffrance ? Toute sa vie ne fut que larmes et haine. J'ai mal des horreurs de ce monde. ..

  • Caren, le 04/05/2009 à 05h18

    Quand j'ai décidé de lire ce livre je ne m'"attendais pas à quelque chose de fort, de découvrir une fille de 11 ans, naive, vivre un calvaire cruel, se marier avec un homme de 35 ans , trois fois plus agé qu'elle, qu'elle n'aime pas , se faire violer devant ses parents, être victime d'un viol collectif de la part des Tackurs, on constate qu'il y a encore des pays où la Loi du plus riche règne et surtout le Loi de celui qui appartient a une caste plus élevée règne, je me demande comment de tels choses peuvent arrivée. tuer pour survivre, c'est vrai c'est pas la meilleur solution, mais je pense que même dans les cas les plus dramatique , Dieu existe. Toutes ces choses le viol, l'humiliation, être battue tout le temps, ne jamais être comprise, ça fait sortir en nous de ce qu'il y a de mauvais, et d'autant plus qu'être illettré et analphabète, ça rend les choses plus difficile, mais je l'envie, car elle a su se battre, face à l'injustice, et ce que j'ai aimé dans ce livre, c'est le soutien de ses parents, des personnes honnête, et l'histoire avec Mallahn celui qui l'a aidé a croire encore à la vie, vraiment cette femme c'est du pur , un " CHE GUEVARA " en femme. Hommage a phoolan DEVI, celle qui a battu pour la cause des pauvres.

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