"Sharon avait dit qu'il n'y aurait pas de négociations sous le feu, pas de prime à la terreur, et que le sang juif ne sera pas tenu pour quantité négligeable." |
Houspillé par la communauté internationale, l'Etat d'Israël s'efforce de faire valoir son point de vue, tout en concédant quelques minces avancées sur le plan diplomatique. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a ainsi vécu une dure épreuve politique dimanche, lors du comité central de son parti, affrontant les turbulences créées par son éternel rival Benyamin Netanyahou. Chahuté par les quelques délégués présents au Cinerama de Tel-Aviv, le chef du gouvernement a défendu pied à pied sa coalition d'union nationale et sa "politique de retenue", alors qu'une frange importante des responsables du Likoud, dont l'ancien Premier ministre Netanyahou s'est fait le porte-parole, a critiqué la mainmise du travailliste Shimon Peres sur la politique de l'Etat hébreu."Sharon avait dit qu'il n'y aurait pas de négociations sous le feu, pas de prime à la terreur, et que le sang juif ne serait pas tenu pour quantité négligeable, a ainsi lancé Netanyahou. Mais certains éléments du gouvernement l'ont empêché d'agir." Malgré un duel de tribuns houleux, aucune motion n'a été votée et Ariel Sharon a maintenu son cap, conscient, avec son rival, que la désunion ne servirait que leurs ennemis. Présenté par un allié de Netanyahou, un texte qualifiant l'Autorité palestinienne "d'organisation terroriste" n'a ainsi pas été soumis au vote.Observateurs ou inspecteurs ?
Pressé par une résolution adoptée par le G8 d'accueillir des "observateurs" sur son sol pour superviser les maigres accords conclus, le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres a concédé quelques minces nouveautés. Opposé depuis longtemps à une "internationalisation" du conflit induit par la présence d'une force étrangère, Peres a accepté dimanche soir, lors d'une interview télévisée, la venue de "trois, quatre ou cinq" officiers de la CIA supplémentaires, afin de renforcer la présence déjà effective d'une délégation sécuritaire américaine, mandatée par le Memorandum de Wye River en octobre 1998.
"Israël n'a rien a cacher. Au contraire, nous souhaitons mettre en lumière un certain nombre des mythes qui ont été répandus." |
Ces renforts seraient qualifiés "d'inspecteurs", ce que le gouvernement israélien, unanimement opposé à la présence "d'observateurs" internationaux, pourrait accepter. "Israël n'a rien a cacher, a déclaré le chef de la diplomatie israélienne à la chaîne Channel 1. Au contraire, nous souhaitons mettre en lumière un certain nombre des mythes qui ont été répandus, de l'utilisation de munitions à l'uranium enrichi aux obus de mortiers qui [aux dires des Palestiniens] ne tombent pas".Violence et méfiance
Une large partie de l'opinion israélienne n'est pas prête de s'apaiser, dans sa méfiance vis-à-vis des Palestiniens. Un attentat-suicide a été déjoué dimanche dans la station balnéaire de Haïfa, le kamikaze, appartenant sans doute au Jihad Islamique, ayant renoncé au dernier moment à se faire exploser dans le centre-ville, avant d'indiquer à la police où son organisation avait caché un impressionnant stock d'explosif. De plus, un garde du corps de Yasser Arafat a été arrêté pour avoir, selon les forces de sécurité israéliennes, participé à un attentat à la bombe qui a coûté la vie, il y a deux semaines, à un capitaine de Tsahal.