L'inquiétude de belgrade

Par J.K , le 18 juillet 2001 à 00h00 , mis à jour le 17 juillet 2001 à 15h45

Alors que l'Union européenne bloque une partie de son aide pour cause "de vielles dettes", les réformistes de Belgrade, dont le premier ministre Djindjic, poussent un cri d'alarme. Ils craignent que les partisans de Milosevic refassent surface.

djindjic © INTERNE

Belgrade s'inquiète. Après l'euphorie de juin dernier, où les bailleurs de fonds internationaux avaient décidé d'octroyer 1,28 milliard de dollars à la Yougoslavie, la capitale serbe s'émeut d'une décision européenne. En effet, l'Union européenne a décidé de prélever, au titre de remboursement de vieilles dettes, les trois quarts de sa première tranche d'aide d'un montant de 300 millions d'euros. Une mesure qui a été confirmée par les ministres européens des Affaires étrangères. Les réformistes serbes lancent un cri d'alarme : ils pensent que si l'assistance financière tarde à se concrétiser, les partisans de l'ancien régime de Milosevic pourraient bien refaire surface.

Vague incontrôlable de remous sociaux

Visiblement, Zoran Djindjic, le Premier ministre serbe, ne s'attendait pas à ce que 225 millions d'euros soient d'ores et déjà affectés au règlement d'une dette "remontant à l'époque de Tito". Il s'est déclaré "choqué", allant jusqu'à qualifier de "farce" l'aide occidentale à son pays. Djindjic a lancé un avertissement à la communauté internationale : "l'absence d'une assistance rapide et massive peut déboucher, à l'automne, sur une vague incontrôlable de remous sociaux dans le pays. Cela pourrait entraîner la chute du gouvernement et la suspension des réformes".

Le coup de sang du Premier ministre ne peut qu'alimenter le discours de l'opposition ultra-nationaliste ou proche de l'ancien régime de Slobodan Milosevic, qui ne cesse de répéter que le départ de la scène politique de l'ex-président yougoslave et son transfèrement au Tribunal pénal international (TPI) ne vont rien changer au marasme économique du pays. De fait, Zivadin Jovanovic, un responsable du Parti socialiste (SPS) dont Milosevic est toujours président, a réclamé lundi la démission du cabinet de M. Djindjic et l'organisation de nouvelles élections en Serbie, "sans interférence de puissances étrangères".

Aide américaine bloquée

Autre point d'interrogation : l'aide des Etat-Unis. Selon la presse yougoslave de mardi, elle pourrait être bloquée jusqu'à ce que soit faite la lumière sur les circonstances de la mort de trois ressortissants américains, d'origine albanaise, dont les corps ont été récemment retrouvés dans une fosse commune, dans l'est de la Serbie.

(Photo : Zoran Djindjic)

Par J.K le 18 juillet 2001 à 00:00
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