© INTERNEAprès une interruption de cinq semaines, l'Irak a recommencé mardi à pomper du brut vers le port turc de Ceyhan sur la Méditerranée. Cette reprise intervient après l'accord donné par Bagdad à une extension de 150 jours du programme humanitaire de l'ONU "pétrole contre nourriture". "Nous sommes en mesure de mettre de nouveau sur le marché plus de deux millions de barils par jour (bpj)", a déclaré un haut responsable du secteur pétrolier irakien, cité mardi par le quotidien officiel Al-Qadissiya.
Mettre fin à la contrebande de pétrole
L'Irak avait suspendu le 4 juin ses livraisons de pétrole (quelque 2,2 M bpj) pour tenter de s'opposer à l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'un projet de révision des sanctions internationales à son encontre. Face à la menace d'un veto russe, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient finalement renoncé, le 3 juillet, à faire voter ce projet de révision des sanctions. Ce projet, dit des "sanctions intelligentes", avait pour objectif de peser plus sur le gouvernement de l'Irak que sur la population du pays. Il prévoyait de faciliter le commerce civil avec l'Irak tout en renforçant les contrôles sur les biens à caractère militaire et en tentant de mettre fin à la contrebande de pétrole avec les pays voisins.
Les contrats bloqués représentent 4,072 milliards de dollars
Le Conseil a reconduit il y a une semaine le programme habituel de "pétrole contre nourriture", en place depuis décembre 1996, qui permet à l'Irak de vendre son pétrole en échange de biens de première nécessité sous strict contrôle de l'ONU. Mais Bagdad, qui réclame "une levée totale et sans condition de l'embargo", a accusé constamment le Comité des sanctions de l'ONU de bloquer, sous l'influence des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, des contrats commerciaux passés au titre de ce programme. Les contrats bloqués, au nombre de 1.771 représentent une valeur totale de 4,072 milliards de dollars, a affirmé dimanche le ministère irakien du Commerce, citant des commandes d'équipements pour l'infrastructure pétrolière, mises à mal par un manque de pièces de rechange. Ces blocages handicapent les projets de l'Irak de porter sa capacité de production pétrolière à 3,5 M bpj , a indiqué le responsable irakien, cité par Al-Qadissiya.
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