© INTERNE"Pour ce crime, nous devons implorer les ombres des morts et leurs familles de nous pardonner". C'est ainsi qu'Aleksander Kwasniewski, le président polonais, a demandé pardon aux juifs. "Aujourd'hui en tant qu'homme, citoyen et président de la République polonaise, je leur demande pardon en mon nom propre et au nom de ceux des Polonais dont les consciences sont bouleversées par ce crime", a ajouté M. Kwasniewski devant 3.000 personnes, y compris des familles des victimes.
La cérémonie, grave et émouvante, a commencé sur la place centrale de Jedwabne, un village de 4.000 habitants, sur l'air de la Marche funèbre de Chopin. Plusieurs personnes dans l'assistance, où flottaient quelques drapeaux israéliens, avaient les larmes aux yeux. Un évêque a fait le déplacement, mais à titre privé car l'épiscopat polonais, qui a fait acte de "repentir" le 27 mai, n'avait envoyé aucun représentant officiel.
Aucune mention de la culpabilité des Polonais dans ce massacre
Après le début de la cérémonie, la foule a pris part à une marche silencieuse jusqu'à l'emplacement de la grange où des centaines de juifs, hommes, femmes et enfants, furent poussés par leurs voisins avant d'y être brûlés vifs le 10 juillet 1941. Un monument y a été érigé le week-end dernier, à la place de celui dont une inscription mensongère a pendant plusieurs décennies attribué ce massacre aux seuls "nazis allemands".
Le nouveau monument porte en trois langues (hébreu, polonais, yiddish) l'inscription : "A la mémoire des juifs de Jedwabne et de la région, ces hommes, femmes et enfants habitants de cette terre, assassinés et brûlés vifs sur ce lieu le 10 juillet 1941". Acceptée par la communauté juive de Pologne, cette inscription a été dénoncée par les principales organisations juives mondiales, en particulier le Centre Simon Wiesenthal. Ce dernier a demandé au président Kwasniewski d'ajouter sur cette plaque une mention de la culpabilité des Polonais dans ce massacre ou, à défaut, "d'annuler toute la cérémonie plutôt que d'inviter des gens à participer à un acte classique de révisionnisme historique".
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