© INTERNEMirijana Markovic, dite Mira, devrait rendre visite à son mari, Slobodan Milosevic, aujourd'hui, à la prison du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Son visa pour La Haye n'est valable que trois jours. Il faut dire que Mira Markovic, 58 ans, figure sur "la liste noire" de l'Union européenne, comme tous les proches de l'ancien chef d'Etat yougoslave qui sont normalement interdits de séjour dans l'Union.
Le personnage est autoritaire. "Elle est le pouvoir derrière le trône", dit d'elle Lord Owen, médiateur international chargé du dossier yougoslave, qui eut souvent l'occasion de la rencontrer. Une rumeur court d'ailleurs à Belgrade : la brune Mira, docteur en sociologie, serait l'auteur du fameux discours de Milosevic en 1989, au Kosovo. Devant une immense foule, le nouvel homme fort de Yougoslavie promettait alors aux Serbes les "nouvelles batailles" qui ont ensanglanté les Balkans pendant dix ans.
Enfant, elle se croyait la fille naturelle de Tito
Mira Markovic professe une foi communiste plus orthodoxe que son mari. Elle fonde d'ailleurs son propre parti en 1993, l'Union de la Gauche Yougoslave (JUL). Jamais crédité de plus de 2% des votes, c'est une petite mafia composée des amis d'enfance de la présidente, des hommes d'affaires enrichis qu'elle installe aux postes clés des ministères. Elle se fait écrire de nombreuses biographies. On y lit qu'enfant, elle se croyait la fille naturelle de Tito. La réalité est toute autre : sa mère a été exécutée par les partisans, convaincus qu'elle collaborait avec les nazis. Son père, un dignitaire du Parti, a longtemps refusé de la reconnaître.
Les Chinois : des électeurs dociles
Mira a su rester discrète. Elle tente de donner l'image classique de la femme balkanique, toute dévouée à son mari et à son succès. Mais au sein de la famille, madame parlait, monsieur se taisait et acquiesçait d'un simple signe de tête. Elle ne peut toutefois résister à l'envie d'écrire des textes consacrés à tous les thèmes possibles, depuis les fleurs jusqu'à la politique internationale. Elle restera à tout jamais célèbre à Belgrade pour avoir faire venir des milliers de Chinois en Serbie. L'épouse de Milosevic s'est en effet associée en 1996 au journal gouvernemental Politika pour lancer en grande pompe le projet d'une "Chinatown" belgradoise. Il n'en a pas fallu plus pour faire naître l'idée d'un complot diabolique fomenté par les gouvernements de Pekin et Belgrade pour peupler la Yougoslavie d'électeurs dociles. Des électeurs, Mira n'a plus à en chercher. Si elle n'a pas à craindre de mandat d'arrêt de la part du TPIY, elle pourrait toutefois faire l'objet de poursuites pénales dans son pays.
Radovan Karadzic, viendra, viendra pas ? Depuis que Milosevic a été transféré au TPIY, les pressions s'accroissent en ex-Yougoslavie pour arrêter les suspects de crimes de guerre. Radovan Karadzic, ancien leader politique des Serbes de Bosnie, est le suspect le plus réclamé par le TPIY. Sa mère a affirmé mercredi qu'il ne se livrerait jamais volontairement à La Haye. "Si le tribunal de La Haye était honorable et indépendant, mon fils ne refuserait pas de présenter devant le monde entier la vérité sur son rôle dans la guerre", a-t-elle déclaré. |
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