Rupture des négociations en Macédoine

Par Gérard RANSAY , le 19 juillet 2001 à 21h23 , mis à jour le 19 juillet 2001 à 21h37

Les discussions visant à apaiser la crise en Macédoine ont été rompues jeudi, à l'initiative des deux principaux partis albanais, alors même qu'un regain de violences inquiète les observateurs étrangers.

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C'est donc sur un constat d'échec que les délégations albanaises et macédoniennes ont abandonné la table des négociations. Dès mercredi, sentant venir cette impasse diplomatique, le secrétaire  général de l'Otan George Robertson, et le haut représentant de l'union européenne Javier Solana avaient reporté leur déplacement prévu jeudi et vendredi en Macédoine.

Fait nouveau, les autorités macédoniennes ont tenu des propos virulents envers les propositions des émissaires américains et de l'Union européenne (UE), James Pardow et François Léotard. Selon le premier ministre macédonien M. Géorgievski "les occidentaux soutiennent les rebelles albanais et envisagent un plan de partition de la Macédoine." Pis, MM. Pardew et Léotard sont accusés d'avoir pris à leur compte les revendications maximalistes de l'armée de libération albanaise (UCK).

La gravité de ces propos a provoqué une réaction vigoureuse des diplomates incriminés, qui affirment que leurs propositions visent au contraire, à préserver l'intégrité de la république de Macédoine ; la langue officielle resterait la langue macédonienne, et l'Etat serait seul maître à bord en ce qui concerne la police.

Ces deux propositions à elles seules sont des points d'achoppement de taille, car elles vont totalement à l'encontre des revendications principales de l'UCK qui exige la reconnaissance de l'albanais comme deuxième langue officielle et la mise en place d'une force de police locale indépendante du ministère de l'intérieur. Malgré le fait que les albanais représentent près du tiers de la population globale, Skopje affirme en effet, que céder sur ce terrain relancerait le processus de la fédéralisation de la Macédoine.

La guerre pourrait reprendre bientôt

Le pessimisme prédomine désormais en Macédoine, à tel point que la guérilla albanaise a déclaré jeudi soir qu'en l'absence d'un accord entre partis politiques macédoniens et albanais, la perspective d'un nouveau conflit entre l'UCK et l'armée macédonienne se rapprochait. Selon le capitaine Shpati, porte parole de l'UCK, "l'option de la guerre est la plus probable si les revendications albanaises sont refusées par le pouvoir macédonien."Certains n'ont pas attendu la fin des pourparlers pour reprendre les armes, que ce soit sous forme de bombes à Skopje, ou de mouvements de troupes rebelles albanaises dans le nord et à l'ouest du pays. Trois macédoniens ont également été enlevés par la guérilla albanaise mercredi soir.

Dans un tel climat de violence, les informations de la semaine dernière qui faisaient état d'un éventuel envoi de troupes de l'OTAN en Macédoine semblent totalement compromises. Trois mille soldats de l'OTAN devaient être déployés afin de désarmer les hommes de l'UCK albanaise, mais cette opération était conditionnée à un accord sur le terrain entre les délégations albanaises et macédoniennes.

L'espoir se porte aujourd'hui sur les diplomates de l'OTAN, de l'Union européenne, mais surtout sur le sommet du G8 qui rassemble les chefs d'états, des pays les plus puissants de la planète, et la Macédoine fait partie des points chauds qui seront passés en revue au cours des débats.

Par Gérard RANSAY le 19 juillet 2001 à 21:23
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