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Ils voulaient renverser Mikhaïl Gorbatchev pour sauver l’URSS. Les putschistes du 19 août 1991 ont en fait précipité la fin de l’Union soviétique, qui allait agoniser les mois suivants pour finalement imploser le jour de Noël.
Dans la matinée de ce 19 août désormais historique, l'agence TASS annonce que Gorbatchev, en vacances à Crimée, est "incapable d'assumer ses fonctions pour raisons de santé". Ce n’est ni plus ni moins qu’un putsch, soutenu notamment par le chef du KGB et le ministre de la Défense. Gorbatchev est en effet destitué et remplacé par le vice-président Guennadi Ianaiev, à la tête d'un Comité pour l'instauration de l'état d'urgence. Les chars de l’Armée rouge entrent dans la capitale. L’objectif des frondeurs : empêcher la signature d'un nouveau Traité de l'Union qui doit avoir lieu le lendemain entre les républiques soviétiques et qui aurait remplacé la structure très centralisée de l'URSS.
Boris Eltsine, le président de la république de Russie, est le premier à réagir. Il appelle à la désobéissance civile et à la grève générale. Il est largement suivi. Le 20 et le 21, le peuple descend dans les rues de Moscou et de Leningrad. Il brave les blindés –trois manifestants seront écrasés-, harangué par Eltsine, rendu célèbre dans le monde entier après être monté sur un char.
Montée en puissance d’Eltsine
Dans la nuit du 21 au 22, Gorbatchev, sous surveillance dans sa datcha, revient à Moscou. Il affirme " contrôler totalement la situation ". Le 22, les putschistes sont arrêtés. 100 000 personnes défilent à Moscou pour célébrer l’échec des conservateurs. Même s’il garde le pouvoir, le secrétaire général du PCUS sort totalement affaibli, notamment face à la montée en popularité d’Eltsine. Celui-ci multiplie les initiatives pour mettre fin au règne du PC.
De leur côté, les unes après les autres, les républiques proclament leur indépendance. Fin octobre, seuls le Kazakhstan et la Russie n’ont pas fait sécession. Mi-novembre, Gorbatchev propose la création d’une Union des Etats souverains. Il essuie un camouflet. Le 21 décembre, onze républiques mettent fin à l’URSS pour créer la Communauté des Etats indépendants (CEI). Enfin, le 25 décembre, constatant qu’il ne gouverne plus rien, Mikhaïl Gorbatchev démissionne. Quelques jours plus tard, Boris Eltsine s’installe dans son bureau au Kremlin…
Gorbatchev regrette de n’avoir pas su réformer l’URSS Dix ans après, Mikhaïl Gorbatchev est revenu sur les événements du 19 août. Il regrette notamment de n'avoir pas su mener à bien la réforme de l'Union soviétique qui aurait empêché le putsch. "Je regrette que nous ayons pris du retard avec la réforme de l'Union et du Parti, qui était le moteur de la Perestroïka ". "Si l'on avait réformé l'Union soviétique, je pense que la situation se serait développée autrement" explique-t-il, évoquant le nouveau Traité de l'Union, supposant une décentralisation du pouvoir en URSS, qu'il s'efforçait à l'époque de faire signer aux 15 républiques soviétiques. Sur le plan politique, Gorbatchev accuse Boris Eltsine, alors président de la république soviétique de Russie, d'avoir miné tous ses efforts après le putsch pour obtenir malgré tout la signature d'un nouveau traité maintenant l'Union soviétique. "La stratégie d'Eltsine était qu'en détruisant l'URSS, la Russie débarrassée du fardeau des autres républiques arriverait plus vite à achever ses réformes". | |
(photo afp : Mikhaïl Gorbatchev)
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