Arafat : l'autorité palestinienne

Par Julie KARA , le 04 août 2001 à 18h01 , mis à jour le 03 août 2001 à 17h41

Yasser Arafat fête samedi ses 72 ans. Depuis 50 ans, il se consacre à la cause palestinienne. D'abord considéré comme un simple terroriste par la communauté internationale, il est aujourd'hui devenu un interlocuteur incontournable.

arafat portrait © INTERNE

C’est dans un climat pour le moins tendu que Yasser Arafat fête samedi ses 72 ans, entre inquiétude israélienne d’un nouvel attentat et cris de vengeance des Palestiniens. Mais celui que tout le monde appelle Abou Ammar, son nom de guerre, n’en est pas à son premier conflit. 50 ans. Voilà 50 ans déjà que le président de l’Autorité palestinienne se bat pour son peuple. Pourtant, c’est au Caire qu’il est né et qu’il a grandi. Paradoxe pour celui qui est devenu l’emblème de la Palestine.

Dès les années 50, Abou Ammar, marié à une chrétienne, prend la tête de l’Union des Etudiants palestiniens dans une Gaza encore sous occupation égyptienne. Son premier engagement politique fait suite à la défaite de 1948 contre Israël, la "Nakba" qui contraint les Palestiniens à partir. Dès lors, l’objectif d’Arafat sera de faire revenir au pays son peuple exilé. Il fonde le Fatah qui prend le contrôle de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Sabotage et terrorisme deviennent les modes d’action de l’organisation.

Chassé du Liban

La force d’Arafat aura été d’obtenir la reconnaissance des chefs d’Etat arabes qui le traitent comme un président, alors que la communauté internationale le juge comme un terroriste qui n’a pas droit de cité aux Etats-Unis. Lunettes noires, coiffé de son inévitable Keffieh devenu le symbole de la résistance à Israël, Abou Ammar devient une figure incontournable du monde arabe.

Basés en Jordanie,  Arafat et ses fedayin doivent bientôt quitter le pays : on est en septembre 1970, ce fameux "septembre noir" où l'armée jordanienne écrase l'OLP. S'ensuit un nouvel exil au Liban. Mais ce n'est qu'un répit. En 1982, Arafat s'enfuit in extremis. Israël envahit le Liban Sud et monte jusqu'à Beyrouth.

On dit qu'un sniper met en joue le leader palestinien, qui frôle alors la mort. L'histoire dit aussi que ce jour-là, l'Etat-major israélien demande au sniper de laisser Arafat s'exiler sous d'autres cieux. Il s’installe alors dans un pays "frère" : la Tunisie de Bourguiba. En 1987, l’Intifada explose. Un nouvel élan est donné à la résistance palestinienne. Arafat choisit alors la voie de la diplomatie et renoue le dialogue avec l’Occident. Devenu homme de paix, celui que tous les Palestiniens nomment désormais "le Vieux", n'en quitte pas pour autant son éternel treillis militaire.

Abou Ammar face à la colère palestinienne

Un moment affaibli pour avoir soutenu Saddam Hussein pendant la guerre du Golfe, il s’engage résolument dans le processus de paix israélo-arabe. Qui ne se souvient pas de la fameuse poignée de main en 1993 avec Yitzhak Rabin devant le président américain Bill Clinton à la signature des accords d’Oslo ? Un statut d’autonomie était ainsi donné à la Cisjordanie et à la bande de Gaza.

Tout le monde pensait alors que la paix était proche. Une erreur. Reste qu’Abou Ammar multiplie les rencontres avec les Israéliens. Le jeune homme combatif et charismatique s’est transformé en "vieux diplomate". Un diplomate qui doit aujourd’hui faire face non seulement aux Israéliens qui l’accusent de soutenir les actes terroristes, mais aussi à son propre peuple, qui, après avoir espéré la paix, laisse éclater sa colère et s’est lancé dans une deuxième Intifada.

Par Julie KARA le 04 août 2001 à 18:01
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