© INTERNEL'archipel des Fidji, avec ses 330 îles disséminées dans le sud Pacifique, entre samedi dans une semaine de scrutin législatif, un peu plus d'un an après le coup d'Etat ethnique de l'homme d'affaires George Speight. Ce businessman prévaricateur et raciste avait en effet, en mai 2000, renversé le gouvernement légitime du Premier ministre d'origine indienne Mahendra Chaudhry, avec le soutien d'une unité des forces spéciales de sécurité. 56 jours durant, les putschistes avaient retenus le Premier ministre et de nombreux responsables gouvernementaux en otage. Leur chef avait en fin de compte été arrêté, poursuivi pour "haute trahison" et déporté sur une île au large de la capitale fidjienne dans l'attente de son procès.
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Démocratie manquée
Aux Fidji, les institutions démocratiques sont récentes et fragiles. Quelques jours après le putsch du 19 mai 2000, Mahendra Chaudhry aurait fêté sa première année au pouvoir. Il était le premier Indien à accéder à la tête du gouvernement de l'archipel, et ce malgré l'hostilité de ses opposants politiques qui estimaient alors que les Fidji n'étaient "pas encore prêts à avoir un Premier ministre indien". Une opinion largement partagée par la population autochtone, un peu plus de dix ans après un premier coup d'Etat, orchestré en 1987 par le général Rabuka, sur des mobiles raciaux. Et encore au centre du débat politique, lors de la campagne électorale.
Le général putschiste avait alors mis en place une Constitution donnant tous les pouvoirs aux indigènes mélanésiens, créant une véritable apartheid pour les Indiens, s'agissant avant tout des responsabilités politiques. La population d'origine indienne représente pourtant 43% des 800.000 habitants de l'archipel et ne sont locataires que de 10% des terres. Leurs ancêtres étaient arrivés aux Fidji à la fin du XIXè siècle pour travailler dans les plantations de canne à sucre.
Ce n'est qu'en 1997 que le général Rabuka abrogeait cette constitution inique, répartissant équitablement les postes à responsabilités, au sein du Parlement. Interdisant toutefois le poste de président de la République à un homme d'origine indienne. Cette ouverture, jugée malgré tout suffisante, valut à l'époque aux Fidji de réintégrer le Commonwealth. Mais elle avait manifestement exacerbé les haines des mouvements nationalistes autochtones, qui, l'année dernière, pensaient tenir leur revanche.
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