© INTERNETant de dossiers conflictuels se sont empilés dans l'ordre du jour de la conférence mondiale de l'ONU contre le racisme, qui s'est ouverte hier à Durban, que les Nations unies pourraient se demander si le jeu en vaut la chandelle. D'un côté, Yasser Arafat et la délégation palestinienne veulent voir le sionisme assimilé à du racisme ou, à défaut, voir les pratiques de Tsahal condamnées. D'un autre côté, les pays du Sud — pays africains et diaspora noire en tête — demandent que la traite des esclaves fasse l'objet de réparations. Le sort de l'ancienne caste indienne des Intouchables, appelée aujourd'hui Dabits, celui des Roms en Europe et des peuples indigènes suscitent également la polémique.
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Un forum d'ONG, qui se tient depuis mardi dans la ville sud-africaine, a mis en évidence les tensions autour de la conférence, quand des militants pro-palestiniens s'en sont pris à des étudiants juifs, provoquant l'intervention de la police. Le projet de déclaration du forum des ONG demande qu'Israël soit dénoncé comme "un Etat d'apartheid, raciste et fasciste" et que soit reconnu aux Palestiniens le droit d'user de tous moyens pour résister à "une occupation militaire colonialiste et discriminante". Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan lui-même s'est fait chahuter jeudi par des Dabits, alors qu'il répondait aux questions des délégations.
Le Forum des ONG a également été en pointe sur l'autre thème sensible de la conférence, en demandant la reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité et le paiement de réparations. Le président sud-africain Mbeki a apporté son soutien à cette initiative, appelant dans un discours devant le forum des ONG à "un engagement mesurable au sein des pays et parmi les nations que des mesures pratiques seront prises et des ressources allouées, pour éradiquer l'héritage de l'esclavage, du colonialisme et du racisme". D'autres chefs d'Etat africains, notamment le président sénégalais Abdoulaye Wade, se sont déclarés opposés à une telle initiative.
Peu d'observateurs font preuve du même flegme que le ministre britannique des Affaires étrangères, qui espérait à Durban une conférence "pragmatique et constructive".
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