La "Moisson essentielle" commence

Par Léonard VINCENT , le 22 août 2001 à 10h00 , mis à jour le 20 août 2001 à 17h42

C'est officiel depuis mercredi midi : les troupes de l'Otan vont se déployer en Macédoine. Une décision qui était suspendue au feu vert du Conseil de l'Otan. Les premiers éléments du contingent français sont déjà sur place.

Vignette macédoine © INTERNE

L'opération "Moisson essentielle" en Macédoine est officiellement lancée depuis mercredi midi. Ainsi en a décidé le Conseil de l'Alliance atlantique, mardi à Bruxelles. "Ce qui est couvert par cette procédure, avait expliqué un responsable à l'issue de la réunion du Conseil, c'est l'autorisation donnée (...) au général Ralston, commandant suprême des forces alliées en Europe, de lancer 'l'acte d'activation' de l'opération. En d'autres mots, avait-il alors précisé, le Conseil doit s'entendre d'ici mercredi midi sur une délégation totale des pouvoirs au général Ralston pour lancer l'opération, pour la diriger, et pour atteindre les résultats qui lui sont assignés".

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Sur le papier, la procédure était claire. Arrivés vendredi en Macédoine, les 385 soldats d'élite de la 16ème brigade aéroportée britannique ont terminé leur mission. Le mandat des troupes d'avant-garde de l'Otan stipulait qu'ils devaient, en contact avec la guérilla et les officiers de l'armée régulière, évaluer la sécurité sur le terrain et la solidité du cessez-le-feu. Dans la journée de lundi, les officiers de liaison de ces unités ont fait leur rapport au commandant suprême des forces de l'Otan en Europe, le général américain Joseph Ralston, venu exprès en Macédoine. Et mardi après-midi, le général Ralston est retourné à Bruxelles pour présenter à son tour aux 19 ambassadeurs des pays membres le compte-rendu de la situation, préconisant un déploiement "rapide" de ses hommes.

Car c'était à la seule condition que le Conseil de l'Atlantique nord lui donne son feu vert que le déploiement de ses 3.500 hommes chargés de veiller au désarmement de l'UCK pouvait avoir lieu (Cf. notre article "L'Otan est arrivé en Macédoine"). C'est ainsi qu'a débuté l'opération "Moisson essentielle", dont dépend la ratification par le parlement macédonien de l'accord de paix d'Ohrid signé le 13 août. Comme gage de bonne volonté, à peine Joseph Ralston avait-il posé les pieds à Skopje que les autorités macédoniennes rendaient publiques plusieurs concessions : un repositionnement de leurs troupes sur le terrain pour faciliter la tâche de l'OTAN et une suspension du survol par avion ou hélicoptère des zones sensibles.

Pour l'Otan, l'établissement effectif et la fiabilité du cessez-le-feu était un facteur clé. Apaisée par les propos rassurants tenus dimanche par le chef politique de l'UCK, l'Alliance atlantique veut le prendre au mot. "En ce qui nous concerne, il n'y aura pas de problème, tous les combattants remettront leurs armes", avait déclaré Ali Ahmeti devant une cinquantaine de journalistes dépêchés dans les collines surplombant Tetovo. Malgré tout, le feu des armes avait repris dans la nuit de dimanche à lundi sur plusieurs lignes de front, dans le nord du pays. Sans que, pour autant, les accrochages ne constituent, jusque là, un cas de rupture.


Arrivée des premiers contingents français

Les premiers hommes de la force principale de l'opération de l'OTAN visant à la collecte des armes de la guérilla albanaise en Macédoine, des Français, sont arrivés mercredi en fin de journée à Skopje. Ces militaires sont arrivés à bord d'un DC8 qui avait décollé en début d'après-midi de la base aérienne militaire d'Istres. Deux Transall de l'armée française devaient suivre, une heure plus tard, si bien que 150 militaires français devaient être à Skopje dès mercredi soir. Environ 25 Français étaient déjà sur place, et faisaient partie de l'avant-garde de l'opération Moisson essentielle. Un navire transport de chaland de débarquement (TCD) a également appareillé mercredi de Toulon avec à son bord 350 militaires et 130 véhicules. Il doit arriver dimanche au port grec de Thessalonique. Un second bateau suivra à 24 heures d'intervalle avec le reste du dispositif français.

 

Par Léonard VINCENT le 22 août 2001 à 10:00
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