© INTERNESituation inédite que celle d'un Premier ministre israélien de droite rencontrant le ministre des Affaires étrangères allemand de gauche, et donnant mandat à son chef de la diplomatie et opposant Shimon Peres pour rencontrer son pire ennemi, Yasser Arafat. Alors que Joschka Fischer entame son deuxième jour de tournée au Proche-Orient, la crise israélo-palestinienne prend un tour plus diplomatique, alors qu'on désespérait de voir un jour les belligérants retourner à la table des négociations. Le ministre allemand doit encore rencontrer le Premier ministre israélien dans l'après-midi, mais il semble que, d'ores et déjà, deux initiatives sont acquises.
Une rencontre à Berlin
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L'autre proposition concerne directement le Premier ministre israélien. Selon le quotidien Haaretz, lors d'une rencontre avec une délégation républicaine de congressmen américains lundi, Ariel Sharon a affirmé qu'il allait proposer aux Palestiniens une "armistice" similaire à celle signée après la guerre de 1949 par Israël avec quatre de ses voisins arabes. Paraphrasant Shimon Peres — ce qui, en soi, constitue un paradoxe —, Ariel Sharon a expliqué que cet accord "rendrait clair le fait qu'il n'y a pas de solution au conflit par la violence et les armes". Mais, pour ne pas se dédire, le chef du Likoud a aussi expliqué qu'un réel cessez-le-feu ne pourrait être respecté que si le Congrès américain ajoutait des organisations palestiniennes comme le Tanzim et la Force 17 sur sa liste d'organisations terroristes.
Scepticisme palestinienFace à ces initiatives, les responsables de l'Autorité palestinienne sont sceptiques. Ils doutent d'une part de l'ampleur du mandat donné à Shimon Peres par Ariel Sharon, malgré les assurances du ministre israélien, qui a rappelé hier qu'il avait "reçu un mandat du gouvernement d'union nationale pour négocier un cessez-le-feu". D'autre part, ils s'efforcent de minimiser l'importance des rencontres bilatérales qui ont lieu en ce moment, affirmant que les questions abordées concernaient des détails qui nécessitaient une solution rapide, mais pas les conditions globales d'un arrêt des violences.
ATTENTAT SANS CONSEQUENCES Un groupe armé considéré comme proche du mouvement Fatah du président palestinien Yasser Arafat a revendiqué un attentat à la bombe, mardi dans le centre de Jérusalem, qui n'a pas fait de victime. L'attentat manqué, à la voiture piégée, devait se dérouler en deux temps. Selon la police, une première déflagration devait attirer les policiers avant l'explosion d'une seconde charge, placée dans une voiture garée à proximité du quartier général de la police de Jérusalem. Les artificiers de la police sont parvenus à détonner la seconde charge à temps. Dans un communiqué, le Front de l'Armée populaire-Bataillons du retour affirme que l'attentat, qu'il décrit comme l'explosion d'une voiture piégée, a été l'oeuvre du "groupe Samir Abou El Ezz", du nom d'un cadre du Fatah tué dimanche soir à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, dans des circonstances controversées. "Le groupe Samir Abou El Ezz a fait exploser la voiture en réponse à la politique de Sharon et pour envoyer un message au gouvernement américain qui soutient et essaie de justifier cette politique d'assassinats et de terrorisme", affirme le texte. Selon les Palestiniens, ce militant de 32 ans a été tué avec deux de ses enfants par des missiles anti-chars tirés par l'armée israélienne. Mais celle-ci assure que le décès a été provoqué par l'explosion d'une bombe que ce militant aurait été en train de mettre au point. |
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