Shimon Peres essaye autre chose

Par Léonard VINCENT , le 31 août 2001 à 11h15 , mis à jour le 31 août 2001 à 11h24

Malgré les violences quotidiennes, le ministre des Affaires étrangères israélien continue de considérer le cessez-le-feu conclu à Beit-Jala comme la première étape d'un accord global. Son plus proche collaborateur s'efforce de fixer les modalités d'une prochaine rencontre avec Yasser Arafat.

Peres rencontre Arafat ce soir © INTERNE

Le cessez-le-feu conclu mercredi par Shimon Peres et Yasser Arafat, puis le retrait de Tsahal de la localité de Beit Jala, est en réalité le prélude à une rencontre entre le ministre des Affaires étrangères israélien et le président de l'Autorité palestinienne. Le bras droit du chef de la diplomatie israélienne, Avi Gil, conduit dès aujourd'hui des contacts avec des collaborateurs de Yasser Arafat, en vue de préparer un rendez-vous entre deux hommes qui, en 1994, partagèrent le prix Nobel de la Paix avec Yitzhak Rabin. Même si le principe d'un rendez-vous est acquis, rien n'indique qu'il aura nécessairement lieu, un certain nombre de modalités pratiques restant à fixer.

Prélude à des discussions

Conflit israélo-palestinien
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Plutôt qu'à Berlin, comme cela avait été initialement proposé par le ministre des Affaires étrangères allemand Joschka Fischer, la rencontre pourrait avoir lieu au barrage d'Erez, à l'entrée nord de la bande de Gaza. Un diplomate israélien confiait jeudi à un journaliste du Jerusalem Post que s'il n'y avait pas eu d'accord sur un cessez-le-feu à Beit Jala, il n'y aurait eu aucune chance qu'une telle rencontre puisse avoir lieu. Il a également confié que Shimon Peres voyait dans ce mini-sommet la première d'une série de discussions sur "un cessez-le-feu plus large", incluant la fin des violences et de ses incitations, une levée du blocus imposé aux Territoires palestiniens et un retrait des positions de Tsahal au-delà des limites franchies depuis un an.

L'essentiel, pour l'équipe de diplomates israéliens travaillant avec Shimon Peres, est que ces pourparlers se déroulent loin de la presse. La source du Jerusalem Post ajoute enfin que le chef de la diplomatie israélienne ne souhaite pas attendre le successeur de Yasser Arafat pour reprendre les négociations, rien n'indiquant que le prochain président de l'Autorité palestinienne soit issu des rangs du Fatah, et non du Hamas, du Jihad islamique ou du Hezbollah. Toujours est-il que le porte-parole du Premier ministre Ariel Sharon a réaffirmé que le mandat accordé par le chef du Likoud à son ministre Peres était toujours en vigueur, même si l'entourage du chef de gouvernement est sceptique sur les résultats.

Craintes à la frontière libanaise

Sur le terrain, les violences continuent. Le domicile du chef du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) a été la cible, dans la nuit, de tirs de missiles anti-chars israéliens, mais Khayis Abou Leila ne se trouvait pas chez lui au moment de l'attaque. Interrogés, les services de relations avec la presse de Tsahal affirmaient vendredi matin n'être pas au courant de l'affaire. Un haut responsable de la sécurité palestinienne a même déclaré, sous couvert de l'anonymat, "qu'aucune trace de missiles ou d'obus n'a été trouvée sur le lieu de l'explosion". Il a également indiqué que "l'enquête se poursuivait sur les circonstances de cette explosion qui n'ont toujours pas été éclaircies" et ajouté que les forces de sécurité palestiniennes travaillaient sur "plus d'une piste".

Près de Netzarim, dans la bande de Gaza, un policier palestinien a été tué par des tirs israéliens, jeudi soir, tandis que deux civils ont été blessés. Selon l'armée israélienne, les hommes avaient ouvert le feu sur la colonie juive de la localité et ses soldats avaient riposté. A Rafah, des militaires ont détruit neuf maisons censées abriter des caches d'armes et des snipers palestiniens. Lors de la fusillade qui a suivi, neuf Palestiniens ont été blessés. En Galilée, les forces de sécurité israéliennes sont en état d'alerte, après qu'une insistante rumeur d'attaque du Hezbollah libanais eut parcouru la région.

Par Léonard VINCENT le 31 août 2001 à 11:15
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