L’économie américaine touchée en plein coeur

Par , le 11 septembre 2001 à 18h20 , mis à jour le 11 septembre 2001 à 18h33

La série d'attentats dont ont été victimes les Etats-Unis ce mardi ont frappé le centre névralgique de l'économie américaine. Réaction immédiate: les bourses du monde entier ont décroché de plus de 6%. Mais les répercussions pourraient se faire sentir à long terme.

vue de manhattan après attentats wtc © INTERNE

Les attentats qui ont réduit en cendres les tours jumelles du Word Trade Center ont frappé au cœur de Wall Street, la capitale financière du monde. Mais les secousses se sont faites sentir dans toutes les places boursières de la planète. Après quelques hésitations, les autorités boursières américaines (SEC) ont décidé que les marchés boursiers américains resteraient fermés mardi et mercredi mais ont très vite rassuré les investisseurs en précisant que "l’activité reprendrait dès que possible. L'American Stock Exchange, le Nasdaq et le NYSE resteront toutefois fermés jusqu'à nouvel ordre.

En Europe, les actions ont perdu plus de 6% et, sur certaines places, jusqu’à 10%. Les titres des compagnies d'assurance, des banques et des compagnies aériennes, y compris européennes, ont particulièrement souffert. La bourse de Paris a terminé sur une chute de 7,39%, l'indice CAC 40 s'affichant à 4059,75 points.

Transferts vers les valeurs refuges

Dans ce chaos, les devises européennes sont perçues comme des valeurs refuges, aux dépens du billet vert. La monnaie unique se négociait à 0,9118 dollar vers 18 heures contre 0,8978 dollar un peu avant les premières explosions. Le franc suisse profitait également des inquiétudes des cambistes au sujet des Etats-Unis. Réflexe ancestral sur les marchés : le cours de l’or a bondi de 20 dollars à 291 dollars.

Autre conséquence des attentats : l’augmentation soudaine des cours du pétrole. Le Brent cotait 30,10 dollars le baril vers 17 heures contre 27,26 dollars avant les explosions. Les experts estiment que la réaction des marchés  pétroliers avaient été plutôt modérée, montrant que le marché ne croit pas vraiment au déclenchement d'hostilités qui menaceraient l'approvisionnement pétrolier. Le secrétaire général de l'Opep, le Vénézuélien Ali Rodriguez, a affirmé que l'organisation assurera un approvisionnement "adéquat" des marchés en  pétrole pour stabiliser les cours.

Le début de la récession ?

Nos interviews


Jean-Paul Fitoussi

Nicolas Sobzac
           

Au-delà de l’effondrement immédiat des marchés, ces attentats pourraient toucher plus durablement l’économie américaine, comme le précisent plusieurs analystes économiques. "Il est possible que l'on entre dans une période de récession maintenant, car les risques vont augmenter partout, les coûts des affaires vont augmenter du fait des problèmes de sécurité, la confiance va se dégrader partout ailleurs", a déclaré Mark Austin, analyste à la banque HSBC. Plus que les attentats, les économistes redoutent surtout la réaction du gouvernement américain sur laquelle ils sont, pour l’instant, dans la plus complète incertitude.

Jean-Paul Fitoussi, directeur de l’OFCE se veut très prudent sur une possible récession mondiale . Nicolas Sobzac chez Goldman Sachs estime quant à lui que le moral des ménages américains sera touché de plein fouet, ce qui aura nécessairement des répercussions sur la consommation (voyez notre interview).


Une ruche de 50.000 employés

Symbole de la puissance économique des Etats-Unis, les tours jumelles construites au début des années 1970 abritaient plusieurs des grands noms de la finance américaine. Elles étaient situées à quelques centaines de mètres de la première bourse du monde, celle de New York, sise à Wall Street. Hautes de plus de 400 mètres, elles dominaient le quartier des affaires de New York et les bâtiments moins imposants du World Financial Center. Ces derniers hébergent notamment American Express, Merrill Lynch, Morgan Stanley Dean Witter et le marché des matières premières (New York Mercantile Exchange). A l'heure où ont eu lieu les deux explosions, le quartier de Wall Street, que les New-yorkais appellent le "Financial District", est rempli de personnes venant en train du New Jersey. Plus de 50.000 personnes travaillaient dans les deux tours et plusieurs centaines de milliers circulent chaque jour dans les stations de train et de métro construites sous les deux bâtiments.
     

 

Par David Straus le 11 septembre 2001 à 18:20
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