© INTERNEDébuts progressifs pour "Justice sans limite"
Les autorités Américaines avaient prévenu que la "guerre" contre le terrorisme se jouerait sur plusieurs fronts. George W. Bush l'a confirmé hier soir, lors d'un nouveau discours où il a officiellement lancé son attaque financière contre l'argent de la terreur. Le président américain a tout d'abord désigné 27 organisations et personnes comme premières cibles de l'offensive financière contre le terrorisme : leurs avoirs aux Etats-Unis ont été gelés.
Quilès : "pas de contribution" française "Les Etats-Unis ont visiblement en tête un scénario immédiat en trois phases: isoler l'Afghanistan sur le plan diplomatique, bombarder les camps d'entraînement et les centres de commandement de Ben Laden, aider les forces de Massoud à prendre le pouvoir à Kaboul", affirme Paul Quilès dans un entretien au Parisien publié mardi. "Pour réaliser ce plan, les Américains n'ont militairement pas besoin de nous", ajoute le président de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale. |
Mais ceci n'est que la première partie de l'offensive : Bush a demandé à tous les gouvernements de prendre des mesures similaires, sans quoi les banques étrangères refusant de coopérer verront leurs avoirs aux Etats-Unis également gelés. "L'argent est le sang vital des terroristes", a-t-il affirmé. "Nous savons que beaucoup de ces individus et de ces groupes opèrent essentiellement à l'étranger et qu'ils n'ont pas énormément d'argent aux Etats-Unis. Nous avons donc développé une stratégie pour en tenir compte", a-t-il poursuivi. Cette stratégie est on ne peut plus simple, elle a la forme d'un ultimatum : "Nous avertissons les banques et les institutions financières dans le monde. Nous œuvrons avec leurs gouvernements et nous leur demandons de geler ou de bloquer la capacité des terroristes à accéder à leurs fonds détenus dans des comptes à l'étranger". En résumé, "le monde financier est averti : ceux qui font des affaires avec les terroristes ou qui les soutiennent ne feront pas d'affaires avec les Etats-Unis", a menacé George W. Bush.Pour que ces mesures soient efficaces, les autorités américaines ont annoncé la création au sein du département du Trésor d'un bureau spécial pour enquêter sur l'infrastructure financière des réseaux terroristes. Elles vont également intervenir auprès du conseil de sécurité de l'ONU pour obtenir des résolutions supplémentaires destinées à asphyxier financièrement les réseaux terroristes. Enfin, Gorge W. Bush a tenu à noter que certains pays, notamment européens, devront apporter des modifications à leur législation bancaire pour prendre les mesures que Washington attend d'eux. Ceci risque de devenir une source de frictions avec les nations particulièrement à cheval sur le respect du secret bancaire, comme la Suisse ou le Liechtenstein.