La CIA savait les intérêts américains menacés

Par AG , le 16 septembre 2001 à 18h08 , mis à jour le 14 septembre 2001 à 18h23

La CIA savait depuis la fin juin que des risques d'attentats, d'envergure mondiale et orchestrés par Ben Laden, pesaient sur les intérêts américains. Des allers et retours d'alerte et d'informations ont été échangés entre la France et les Etats-Unis. Le FBI a interrogé samedi 25 personnes dans le cadre de l'enquête.

enquete © INTERNE

Selon les informations de la rédaction LCI, la CIA savait depuis le 30 juin que Oussama Ben Laden préparait une attaque contre les intérêts américains. Les services de renseignements américains ont dès cet instant alerté leurs homologues de plusieurs Etats européens, dont la France, que des attentats étaient susceptibles d'être commis contre les intérêts américains dans ces pays. Selon les Américains, c'est la mouvance islamique gravitant autour d'Oussama  Ben Laden, réfugié en Afghanistan, qui projetait ces attentats potentiels, explique notre source sur place Christophe Moulin.

Le rôle de la France

La France a alors pris d'autant plus au sérieux l'alerte américaine que le démantèlement par la police allemande le 25 décembre 2000 à Francfort d'un commando soupçonné d'être lié à cette même mouvance avait mis au jour la préparation d'un attentat projeté à Strasbourg. L'un des membres de ce commando, l'algérien Mohamed Bensakhria, 34 ans, arrêté fin juin dans le sud de l'Espagne et présenté par les autorités de ce  pays comme étant le lieutenant de Ben Laden en Europe, a été mis en examen et écroué le 12 juillet à Paris. En France, les services compétents ont diffusé cette alerte sur l'ensemble  du territoire, notamment la direction centrale des Renseignements généraux  (Dcrg) qui, le 3 juillet, a adressé une note à toutes ses directions départementales.

Puis, mi-juillet, les Américains demandaient à la France des renseignements sur le franco-algérien Zacharias Messaoui, 31 ans, né à Saint-Jean-de-Luz  (Pyrénées-Atlantiques) qu'ils venaient d'arrêter en possession d'un faux passeport alors qu'il se formait au pilotage d'avions gros porteurs. Aussitôt, les services français avaient fait savoir à leurs collègues américains qu'ils connaissaient Messaoui, le suspectaient d'être "un mercenaire afghan", résidant officiellement dans la banlieue londonienne entre plusieurs voyages en Afghanistan. Messaoui était d'ailleurs inscrit sur le Fichier des personnes recherchées (FPR), non "aux fins d'arrestation" mais seulement "mis en attention" pour que ses déplacements, en cas de contrôle, soient signalés. 

Par AG le 16 septembre 2001 à 18:08
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