© INTERNEC'est dans un climat d'extrême inquiétude et de rumeurs de guerre imminente qu'une délégation pakistanaise s'est rendue lundi en Afghanistan pour une première — et probablement ultime — mission de la dernière chance. De hauts responsables du Pakistan, conduits par le directeur des puissants services secrets, le général Mahmood Ahmad, se sont d'abord rendus à Kandahar pour des entretiens qualifiés de "positifs" par un porte-parole des taliban. Le mollah Abdul Hai Mutmaeen, à l'issue des premiers entretiens qui ont duré trois heures, a assuré que l'extradition d'Oussama ben Laden n'avait pas été évoquée en termes clairs et précis, la réunion ayant abordé "d'autres aspects du sujet". "Nous sommes confiants à 60% que les choses seront normales", a pourtant assuré le responsable taliban, alors que la délégation du général Ahmad devait encore rencontrer le chef militaire et le chef suprême des miliciens au pouvoir à Kaboul.
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Et, de fait, le mollah Omar a quelque peu fléchi, lui qui s'était toujours montré intraitable, quelles que soient les pressions exercées sur son régime. Il a décidé de consulter le clergé islamique, mardi à Kaboul, et de s'en remettre à son avis pour traiter le "cas ben Laden".
Pression
Sans doute la pression internationale était-elle trop forte sur la junte militaire pakistanaise pour que son chef, le général Musharraf (photo), se décide à engager des pourparlers avec les taliban. Mais sans doute sait-elle aussi qu'il lui faut maintenir un équilibre périlleux, alors que les islamistes radicaux pakistanais menacent quotidiennement de renverser le pouvoir. Plus de 30 partis réunis lundi à Lahore ont décidé de former un "Conseil pour la défense de l'Afghanistan et du Pakistan", selon des participants au conclave. Ces partis religieux ont déclaré "considérer toute attaque américaine contre l'Afghanistan comme une attaque contre le Pakistan" et ont averti les autorités qu'une éventuelle coopération pakistanaise avec les Etats-Unis pourrait provoquer une guerre civile. Ils ont appelé à des grèves et à des manifestations à partir de vendredi prochain pour forcer le général-président à revenir sur sa décision.
Se sachant menacés, les autorités pakistanaises n'avaient pas voulu préciser si ce "soutien" impliquait l'octroi aux Etats-Unis de l'usage de son espace aérien ou terrestre pour une attaque de l'Afghanistan, estimant que ces questions étaient prématurées. On sait d’ores et déjà que des consultations sont engagées entre Washington et Islamabad sur les modalités pratiques de ce soutien et qu'elles pourraient se limiter au transfert d’informations sur le mouvement de ben Laden. Toutefois, une cinquantaine "d'experts" américains appartenant aux unités des forces spéciales avaient, par anticipation, atterri à Islamabad, dans la nuit de jeudi à vendredi.
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