Crainte et méfiance des communautés musulmanes

Par M. D. , le 15 septembre 2001 à 07h00 , mis à jour le 14 septembre 2001 à 18h44

A la suite des attentats perpétrés aux Etats-Unis, certains musulmans vivant dans des pays occidentaux ont fait l’objet de menaces, voire d’exactions. Des actions isolées menées par des extrémistes, qui ont été immédiatement condamnées par les autorités.

Les droits et devoirs des musulmans © INTERNE

Appel à la tolérance au Canada

A Toronto, des femmes voilées se sont faites insultées dans la rue ; à Montréal, une jeune fille portant le voile s’est faite aspergée de peinture ; à Québec, les étudiants musulmans de l’université de Laval ont été menacés ; dans l’Ontario, un feu a été allumé dans une mosquée. "Nous avons demandé aux gens de garder un profil bas et d'être prudents", a précisé jeudi l'administrateur d'une importante mosquée de Toronto, Majad Syed, après avoir reçu plusieurs menaces par téléphone. "Quand les gens sont en colère, ils cherchent à se défouler sur d'autres et nous sommes la cible la plus facile", a-t-il ajouté. Le Premier ministre canadien Jean Chrétien a lancé un appel à la tolérance a la population. "Nous sommes engagés dans un combat contre le terrorisme, non contre une communauté ou une religion en particulier", a-t-il déclaré à la presse.

Actes xénophobes en Australie

En Australie, où des actes à caractère xénophobe ont été commis, le ministre de l'immigration, Philip Ruddock, a indiqué que "ce comportement est contraire à celui des Australiens et n'est pas juste", invitant chacun à éviter "le piège de blâmer des personnes innocentes". Le Premier ministre John Howard a également mis en garde la population australienne contre tout amalgame vis à vis de ressortissants du Moyen-Orient.

Menaces, insultes et jets de pierre aux USA

"Ces représailles
sont en contradiction
directe avec les
principes et les lois
de base défendus
par les Etats-Unis"

A New York, dans le quartier arabe d'Atlantic Avenue, au cœur de Brooklyn, les boutiques gardent leur rideau de fer baissé tandis que la police stationne aux carrefours et dans le métro. Dès mercredi, le maire Rudolf Giuliani a reconnu que des incidents xénophobes avaient éclaté dans la ville, comme aux temps de la guerre du Golfe, sans que la police ne procède pour autant à des arrestations. La presse a également fait état d'actions éparses, comme l'incendie criminel d'une boutique tenue par un Pakistanais, des insultes, des menaces contre un imam... Certains New Yorkais sont toutefois venus défendre une mosquée devant laquelle un petit groupe d’hommes avait brandi une banderole menaçante. Au Texas, en revanche, des individus ont tiré sur une mosquée ; dans l'Etat de Virginie, des pierres ont été lancées contre une librairie islamique.

Jeudi, le président George W. Bush et l'Attorney General (ministre de la Justice) John Ashcroft ont exhorté les Américains à ne pas transformer les musulmans et les arabes vivant aux Etats-Unis en boucs émissaires. "Ces représailles sont en contradiction directe avec les principes et les lois de base défendus par les Etats-Unis d'Amérique elles ne seront pas tolérées", a dit John Ashcroft. En Australie, au Canada et aux Etats-Unis, les représentants des communautés musulmanes ont clairement condamné les attentats du 11 septembre.

En France, aucun acte de violence à l’encontre de musulmans ou de lieux de culte n’a été signalé à ce jour. Dans une interview au Figaro, le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a affirmé  n'avoir "aucun indice" d'une quelconque "nervosité" au sein de la communauté musulmane.

Par M. D. le 15 septembre 2001 à 07:00
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