Débuts progressifs pour "Justice sans limites"

Par L.V., le 24 septembre 2001 à 08h33 , mis à jour le 23 septembre 2001 à 08h58

Les forces américaines et britanniques prennent position dans la région du Golfe. Les taliban se préparent à leur offensive et occupent les bureaux de l'ONU à Kandahar. Le président Bush a lancé l'offensive économique en ordonnant le gel aux Etats-Unis des avoirs financiers de ben Laden et de son organisation.

bush congres discours 21/09/01 © INTERNE

Comme si une attaque était imminente, le régime taleb et la coalition internationale constituée autour des Etats-Unis positionnent leurs forces. A Kaboul et Kandahar, les deux principales places fortes tenues par les miliciens fondamentalistes afghans, la menace plane ostensiblement, alors que le Pakistan a retiré lundi l'ensemble de son personnel diplomatique d'Afghanistan. Les taliban se sont d'ailleurs emparés des bureaux de l'ONU à Kandahar et ont interdit toute communication avec l'extérieur. Le ministre de la Défense du régime taleb a annoncé avoir mobilisé 300 000 hommes prêts pour la Jihad "dans la capitale, aux frontières et sur les sites importants". Ultime défiance du mollah Omar, l'agence afghane sous contrôle pakistanais AIP fait savoir que le chef suprême des taliban a demandé aux Etats-Unis de retirer leurs forces de la région du Golfe et de régler la question palestinienne, plutôt que d'essayer d'assassiner ben Laden ou lui-même.

PREPARATIFS MILITAIRES

Alors que quatre groupes aéronavals se dirigent vers la région, des avions américains sont déjà en Ouzbékistan, pays frontalier de l'Afghanistan, voire dans d'autres ex-républiques d'Asie centrale. Les taliban ont d'ailleurs mis en garde lundi les Ouzbeks contre toute aide apportée aux Etats-Unis. Le Kazakhstan est lui aussi prêt à laisser les Américains utiliser son espace aérien. Le Tadjikistan, autre pays clef pour les futures frappes, a en revanche démenti des informations de la presse russe sur une présence militaire américaine sur leur sol.

Selon Interfax, l'armée russe pourrait renforcer sa présence au Tadjikistan, avec l'envoi de parachutistes, mobilisables en cas de nécessité urgente. Le président Vladimir Poutine avait appelé dimanche les dirigeants des cinq Etats à coordonner leur réaction. Principal allié des Américains, la Grande-Bretagne, dont 18 navires vont vers le Golfe pour, officiellement, participer à des manoeuvres, doit décider dans les jours à venir de l'ampleur de son assistance militaire, selon le Times lundi. Le gouvernement britannique a commencé à préparer la population au risque de pertes humaines parmi ses troupes. Downing Street a affirmé par ailleurs lundi que Londres souhaitait l'établissement d'un "régime démocratique en Afghanistan", l'intervention militaire en préparation pouvant aboutir à un renversement des taliban.

Aux Etats-Unis, le président George W. Bush a officiellement mis fin dimanche à la période de deuil national, décrété après l'attaque terroriste du 11 septembre. Dans tout le pays, les bannières étoilées ont de nouveau été hissées au sommet des mats et l'activité économique, encore sous le choc, reprend peu à peu. Le gouvernement américain a réitéré dimanche sa détermination à éliminer Oussama ben Laden et son mouvement al-Qaida, promettant 25 millions de dollars en échange d'informations permettant de mettre la main sur le milliardaire renégat. Le président Bush a signé lundi un décret ordonnant le gel aux Etats-Unis des avoirs financiers d'Oussama ben Laden et de son organisation. Sont concernées en tout 27 entités soupçonnées d'être associées au le milliardaire saoudien.
 
Manoeuvres

Sur le terrain, preuve que les activités militaires sont déjà en cours, le secrétaire d'Etat à la Défense Donald Rumsfeld a confirmé dimanche la perte d'un avion espion, sans admettre toutefois qu'il ait été abattu par les taliban. Kaboul a de son côté indiqué avoir abattu un second drone dans le Nord, une information ni confirmée, ni infirmée par le Pentagone. "La campagne a déjà commencé", a d'ailleurs reconnu la conseillère du président George W. Bush pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice.

Par ailleurs, les combats inter-afghans font rage dans le nord, où les taliban ont confirmé lundi la conquête par l'opposition de l'Alliance du Nord de Zaare, près de la ville stratégique de Mazar-i-Sharif. L'opposition, tout comme Londres, ont toutefois démenti les rumeurs faisant état de la présence de commandos britanniques dans le nord du pays.

Parallèlement, Washington poursuit ses initiatives auprès du Pakistan. Après l'avoir remercié pour ses bonnes dispositions en levant ce week-end les sanctions imposées depuis 1998, il a dépêché une délégation de responsables militaires dans ce pays clef, qui était jusqu'aux attentats le principal soutien du régime des taliban. La délégation doit discuter des modalités pratiques de l'engagement du Pakistan aux côtés des Etats-Unis.

Par L.V. le 24 septembre 2001 à 08:33
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