© INTERNE"Les Américains ne doivent pas s'attendre à une seule bataille mais à une longue campagne sans précédent. Elle pourra comprendre des frappes spectaculaires, diffusées à la télévision et des opérations secrètes, secrètes jusque dans leur succès. Nous allons priver les terroristes de financement, les dresser les uns contre les autres, les déplacer d'endroit en endroit jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de refuge ou de repos". C'est certainement le discours le plus important de sa carrière qu'a prononcé la nuit dernière George W. Bush devant le Congrès américain. Une allocution guerrière, prononcée neuf jours après les terribles attentats de New York et de Washington et destinée à préparer le peuple américain à une guerre de longue haleine.
Tous les moyens seront utilisés
S'exprimant devant la nation, le président des Etats-Unis s'est posé tour à tour en chef de guerre résolu, en leader du monde civilisé, mais aussi en conseiller spirituel pour rassurer une nation encore profondément choquée et blessée par le carnage qu'elle vient de vivre et en proie désormais au doute. "Les terroristes ont attaqué un symbole de la prospérité américaine. Ils n'ont pas touché sa source". George W. Bush veut que "justice soit faite" et pour cela il utilisera "tous les moyens à sa disposition, y compris les armes de guerre nécessaires, pour écraser les réseaux planétaires de terreur"; ces terroristes qu'il présente comme "les héritiers du fascisme, du nazisme et du
totalitarisme". Au cours de ses quarante minutes d'intervention, fréquemment interrompues par des applaudissements nourris, George W. Bush a par ailleurs annoncé la création d'un "Bureau pour la sécurité intérieure", qui aura à sa tête le gouverneur de Pennsylvanie Tom Ridge. Ce dernier sera chargé de superviser toutes les opérations concernant la sécurité intérieure américaine pour prévenir de nouveaux attentats.Sévère ultimatum aux taliban, qui maintiennent leur position
Arborant un petit drapeau américain à la boutonnière, le président a également affirmé que tous les éléments de preuves rassemblés désignaient ben Laden et son organisation Al Qaïda (la Base) dont les ramifications s'étendent à plus de soixante pays. Il a donc lancé un ultimatum sévère au régime de Kaboul en l'enjoignant de livrer "immédiatement" les dirigeants de l'organisation Al Qaïda, y compris son chef Oussama ben Laden. "Fermez immédiatement et de façon permanente tous les camps d'entraînement terroristes en Afghanistan et livrez tous les terroristes et toutes les personnes qui leur apportent un soutien aux autorités appropriées, a-t-il dit. Ces demandes ne sont pas ouvertes à la négociation ou à la discussion. Les taliban doivent agir et agir immédiatement. Ils livreront les terroristes ou bien ils partageront leur sort".
Mais ce matin, le régime en place à Kaboul a réaffirmé sa position. "Ce n'est pas possible" de livrer ben Laden, a déclaré l'ambassadeur du régime des taliban au Pakistan, Abdul Salam Zaeef. "Il n'y a pas de changement dans notre position sur Oussama", a-t-il dit. "Le remettre à l'Amérique ou le pousser hors du pays est une insulte à l'Islam et à la charia (loi islamique)", a ajouté le représentant taliban.
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