"Les Etats-Unis n'ont pas d'autre choix que d'attaquer"

Par AG et FL , le 17 septembre 2001 à 16h58 , mis à jour le 14 septembre 2001 à 17h12

Ces propos proviennent du secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld. La veille, George W. Bush avait déclaré l'état de guerre, appelant "tous ceux qui portent l'uniforme américain" à se tenir prêts. Ce matin, Oussama ben Laden, principal suspect a démenti toute implication dans les attentats de mardi derneir.

donald rumsfeld © INTERNE

Les Etats-Unis n'ont pas d'autre choix que de se défendre contre les attaques terroristes et de s'attaquer aux pays qui abritent des organisations terroristes, a déclaré dimanche le secrétaire américain à la Défense. Lors d'une entretien accordé dimanche à la chaîne de télévision Fox, Donald Rumsfeld a souligné que "la chose à faire est de demander aux pays qui abritent les organisations terroristes de cesser de le faire et s'ils ne le font pas d'y mettre nous-mêmes un point final".

Cette déclaration vient appuyer celle faite la veille par le président américain, dans laquelle George W. Bush montrait du doigt le principal suspect de l’organisation des attaques terroristes qui ont frappé New-York et Washington : Oussama ben Laden. Samedi, depuis la résidence présidentielle de Camp David, face aux journalistes et en présence du vice-président Dick Cheney, du secrétaire d'Etat Colin Powell et du ministre de la Justice John Ashcroft, c’est une véritable déclaration de guerre que George W. Bush a adressée au milliardaire saoudien. "il n'y a pas de doute sur le fait qu'il est le suspect numéro un". "Toute personne portant l'uniforme américain doit se tenir prête", a ajouté George W. Bush. "Nous sommes en guerre et nous riposterons en conséquence". Interrogé sur la date de la riposte, il a répondu simplement : "nous l'annoncerons le moment venu". Mais le président américain "n'exclut pas une action terrestre".

Le rappel des réservistes

George W. Bush et Dick Cheney devraient à présent participer à des réunions avec des membres du Conseil national de sécurité pour préparer la riposte américaine. Le président a autorisé le Pentagone à rappeler jusqu'à 50.000 réservistes. Le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a immédiatement ordonné le rappel de 35.500 d'entre eux. Ces réservistes sont rappelés pour participer à la maintenance dans les ports, aux opérations du génie, à l'assistance médicale et à la défense du territoire national. Le Pentagone a indiqué que 13.000 réservistes des forces aériennes allaient d'abord être rappelés ainsi que 10.000 de l'armée de terre, 7.500 Marines, 3.000 de la marine et 2.000 garde-côtes. Et comme pour mettre une dernière fois en garde les taliban, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a déclaré à leur intention : "Vous ne pouvez séparer vos actions" de celles des terroristes accueillis en Afghanistan.

La veille, le Congrès américain avait autorisé le président George W. Bush à "recourir à la force" militaire contre les terroristes. Il avait également accepté le débloquage une aide d'urgence de 40 milliards de dollars afin de faire face à la crise créée par les attaques terroristes de mardi. La Chambre des représentants devait faire de même peu après. Cette enveloppe budgétaire d'urgence prévoit une tranche de 10 milliards de dollars mise à la disposition de l'administration, qui pourra les dépenser sans supervision du Congrès. Au moins 20 milliards de dollars, sur les 40 milliards, sont destinés par  ailleurs à l'aide humanitaire et de secours pour New York.

Ben Laden dément toute implication


"Les Etats-Unis me montrent du doigt, mais j'annonce catégoriquement que je ne l'ai pas fait". Dans un communiqué transmis à Afghan Islamic Press, une agence privée proche des taliban opérant à Peshawar (nord-ouest de l'Afghanistan), Oussama ben Laden a démenti ce matin toute implication dans les attentats perpétrés le 11 septembre dernier sur le sol américain. "Ceux qui l'ont fait, l'ont fait dans leur intérêt personnel" déclare-t-il.

Réaffirmant ce qui avait été déjà dit par les taliban, il explique qu’il n'a pas les moyens d'organiser des attentats terroristes du fait des restrictions qui ont été imposées à ses contacts avec le monde extérieur par le mollah Mohammad Omar, chef suprême des taliban. "Je vis en Afghanistan. Je suis un adepte du commandeur des croyants (le mollah Omar) qui ne permet pas de participer à de telles activités" ajoute le texte rédigé en arabe, la langue natale d'Oussama ben Laden.

Photo d'ouverture : George W. Bush s'exprimant, samedi, depuis Camp David - DR

Par AG et FL le 17 septembre 2001 à 16:58
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