© INTERNELes agents fédéraux ont d'abord demandé aux compagnies aériennes la liste intégrale de tous les passagers des vols qui se sont écrasés sur le World Trade Center, le Pentagone et une forêt de Pennsylvanie. Ils ont contacté l'entourage de chacun, recueilli le maximum d'informations sur leur destination, leur lieu de résidence, leur passé, leurs familles. Ils font visionner les cassettes de vidéosurveillance de nombreux aéroports, épluchent les relevés et les écoutes téléphoniques, les documents bancaires, interrogent tous ceux qui ont pu rentrer en contact, même purement visuel, avec les suspects. Ils ont demandé à AOL et d'autres fournisseurs d'accès de leur remettre tous les emails envoyés ou reçus par les hommes identifiés.
LES FRERES BUKHARI. Et de fait, l'enquête progresse rapidement. Apparemment, selon CNN et le Los Angeles Times les pirates de l'air ne se connaissaient pas, de manière à ce qu'ils ne puissent livrer des informations cruciales s'ils étaient capturés. Chacun avait une tâche précise et un rôle, qu'il devait endosser dès que le signal lui était donné. Dans un premier temps, le FBI a pensé que, parmi les terroristes identifiés, figuraient deux frères porteurs de passeports saoudiens et titulaires de licences de pilotes. Une Nissan Altima a été louée mardi à l'aéroport Logan de Boston, avec laquelle ils se seraient rendus dans le Maine, où ils ont enfin pris à 6H00 un vol de US Airways qui les a ramené à Boston. C'est alors qu'ils auraient embarqué à bord des vols qui allaient semer la mort, une heure plus tard.
Ameer Bukhari - (c) CNN
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Mais, selon les informations obtenues par tf1.fr, le dénommé Ameer Bukhari est mort dans une collision d'avion, le 11 septembre 2000, un an jour pour jour avant l'attaque sur New York et Washington. Alors étudiant au centre de formation Flight Safety et effectuant son premier vol en solitaire, son Piper Cherokee est entré en collision avec un Piper Aztec piloté par un aviateur américain confirmé de 31 ans, non loin de l'aéroport international de St. Lucie, en Floride.
Le FBI s'est empressé d'interroger un homme répondant au nom d'Adnan Bukhari et qui affirme, via son avocat, après s'être rendu de lui-même aux enquêteurs, que son identité et celle de son frère leur ont été "volée". S'il confirme l'information selon laquelle l'un des frères Bukhari est bien mort l'année dernière, l'avocat du prévenu affirme que son client n'a rien à voir avec les détournements. Vendredi, leFBI affirmait enfin qu'Adnan Bukhari était hors de cause et qu'il collaborait avec les autorités.
PISTE ALLEMANDE. Mais l'enquête a permis d'identifier deux autres pilotes, présents à bord des avions crashés sur le World Trade Center : Mohammed Atta, 33 ans, et Marwan Yousef Alshehhii, 23 ans, apparemment porteurs de passeports des Emirats arabes unis et munis de visas de travail aux Etats-Unis. A l'intérieur de la Mitsubishi blanche louée par Atta et retrouvée dans le parking de l'aéroport de Boston, un manuel d'apprentissage du pilotage rédigé en arabe et le nom d'un centre de formation de Floride. Les deux hommes ont appris, pour la somme de 10.000 dollars chacun, le pilotage de petits appareils de type Cessna et Piper Seneca de juillet à novembre 2000 au centre Huffman Aviation de Venice, Californie. Les enquêteurs ont découvert en outre qu'un permis de conduire américain avait été délivré à Mohammed Atta au mois de mai dernier, alors que l'homme était déjà possesseur d'un permis égyptien.
Ils s'étaient présentés à leur instructeur comme des Afghans ayant vécu en Allemagne. Les autorités allemandes ont confirmé jeudi matin que ces deux auteurs présumés des attentats avaient vécu à Hambourg, où des perquisitions ont été effectuées, une femme présente dans l'un des appartements repérés et un clandestin "d'origine marocaine" travaillant à l'aéroport ont été arrêtés. L'homme a été relâché vendredi. Une information judiciaire a été ouverte en Allemagne sur une "association constituée au début de l'année à Hambourg avec des personnes d'origine arabe aux convictions islamistes fondamentalistes, demeurant dans la ville". Le but de l'association était "d'attaquer les Etats-Unis en détruisant de manière spectaculaire des bâtiments hautement symboliques, en collaboration avec d'autres groupements islamistes fondamentalistes à l'étranger", a ajouté le procureur général fédéral devant la presse.
FLORIDE, ZONE D'ENTRAINEMENT. Une foule de détails constituent encore le puzzle d'une enquête colossale, qui peu à peu trace les grandes lignes du scénario. Trois autres personnes ayant vécu en Floride et qui sont mortes dans un des appareils de la compagnie American Airlines ont également fait l'objet des recherches du FBI, selon le Miami Herald : Abdoulatif el-Omari et deux frères, Wail el-Shehri, 28 ans et Walid el-Shehri, 25 ans. Ce dernier aurait eu une licence de pilote. Par ailleurs, les services de renseignements américains ont intercepté deux coups de téléphones, après l'attaque de mardi, où des membres du groupe Al-Qaeda d'Oussama Ben Laden aurait mentionné "deux cibles touchées".
Autre piste suivie par le FBI : un ingénieur saoudien au nom de Amer Mohammad Kamfar, résidant jusqu'en février dernier à Vero Beach, Floride. Il vivait dans la maison voisine de celle d'un citoyen américain nommé Hank Habora, avec sa femme et ses quatre enfants et avait suivi, lui aussi, des cours de pilotage au centre Flight Safety. En février dernier, Kamfar a déménagé brutalement "à bord d'une camionnette verte". M. Habora a raconté au Los Angeles Times que ses voisins avaient alors tout jeté à la poubelle, leurs vêtements, leur mobilier et leur vaisselle. "C'étaient de bons voisins, s'étonne-t-il. Ils étaient calmes, leur pelouse était tondue. Ils sortaient leurs poubelles à l'heure."
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