Depuis le début des années 50, le cinéma hollywoodien a fait ses choux gras avec des films catastrophes en tout genre car offrir aux spectateurs ébahis le spectacle de la destruction a toujours fonctionné. Cette "Apocalypse" a été imaginée de plusieurs manières, elle peut venir de partout. Souvent, cette menace vient de l'espace, qu'il s'agisse d'extraterrestres, considérés peut-être comme les seuls capables d'affronter la puissante Amérique (Les Soucoupes volantes attaquent en 56, La Guerre des mondes en 52, Independance Day en 1996 ou encore Mars Attacks un an plus tard), ou qu'il s'agisse de météorite (Armageddon et Deep Impact dernièrement). Le film catastrophe peut prendre aussi une dimension plus humaine, moins surnaturelle. Cette fois, ce sont les avions qui sont en difficultés (Airport), les entrailles de la Terre qui menacent les grandes villes (Tremblement de terre, Volcano), l'erreur humaine qui provoque des incendies dans les gratte-ciel comme dans La Tour infernale, un modèle du genre.
Des sorties de films repoussées Les attaques terroristes de mardi sur les Etats-Unis ont fait réagir les studios qui ont pris plusieurs décisions. Le dernier film avec Arnold Schwarzenegger, Collateral damage, dans lequel l'acteur joue un pompier de Los Angeles qui assiste impuissant au meurtre de sa famille dans un attentat, a été repoussée. Le film devait sortir sur les écrans américains le 5 octobre. Warner Bros. n'a encore avancé aucune date et le site web du film a été fermé provisoirement. Même décision pour la sortie française qui était prévue le 28 novembre. La Paramount a décalé de deux mois la sortie du film Sidewalks of New York d'Edward Burns. L'action est située comme l'indique le titre dans la cité meurtrie. Enfin, la Columbia a cessé la diffusion dans les salles et sur Internet du teaser du très attendu Spider Man. Il montrait dans sa dernière scène les deux tours du World Trade Center entre lesquelles l'homme araignée avait tissé sa toile.
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Ce n'est qu'au début des années 80 que la menace terroriste se fait plus présente dans les productions américaines de ce type et notamment dans la trilogie des Die Hard avec Bruce Willis. Comme le souligne Samuel Blumenfeld dans Le Monde, ces trois films, mis bout à bout, comportent "tous les ingrédients de ce qui vient de se passer le 11 septembre" : des terroristes qui investissent un aéroport ou qui font sauter des immeubles à New York… C'est effectivement au début des années 80 que le terrorisme fait le plus parler de lui dans le monde et les Etats-Unis n'y échappent pas. Les scénaristes intègrent donc cette réalité. Mais il faudra attendre les années 90 pour arriver à un degré de réalisme troublant. Un film se rapproche de ce qui s'est passé le 11 septembre à New York. Il s'agit de Couvre-feu d'Edward Zwick avec Denzel Washington et Bruce Willis. Dans ce film, un groupe de terroristes arabes attaque le quartier général du FBI à New York, des bus et un théâtre de Broadway. A la suite de ces attentats sanglants, le gouvernement instaure l'état de siège…L'impensable est pourtant arrivé mais ce n'était pas du cinéma. Cette fois la réalité, celle qui a toujours fait vraiment peur aux studios, la limite qu'aucun d'entre eux n'aurait franchi pour cause d'une trop faible crédibilité, a vraiment dépassé la fiction, et ce, devant des milliards de téléspectateurs : New York a été défiguré avec la destruction des tours jumelles du World Trace Center et le Pentagone, en plein Washington, symbole de la puissance militaire américaine, a été attaqué. Certains évoquent une catastrophe supérieure à celle de Pearl Harbor. C'est justement pendant cette année 2001, que le premier film américain sur ce drame est sorti dans les salles, soit 60 ans après.