Isolés, les taliban accusent Washington de vouloir la guerre

Par AG, le 22 septembre 2001 à 11h33 , mis à jour le 22 septembre 2001 à 11h46

Après avoir abattu un drone (avion espion sans pilote, ndlr) américain ce matin, Kaboul accuse les Etats-Unis de rejeter toute possibilité de compromis et de vouloir la confrontation. L'Afghanistan est de plus en plus isolé : les Emirats arabes unis, un des seuls alliés des taliban, ont rompu ce matin leurs relations avec ce pays.

talibans © INTERNE

"La suggestion en vue de persuader ben Laden de quitter l'Afghanistan a été pratiquement balayée par les Etats-Unis", explique Abdul Hai Mutmaeen, porte-parole du chef suprême des taliban. Et d'ajouter : "en rejetant l'avis des oulémas (théologiens musulmans, ndlr) qu'Oussama Ben Laden quitte l'Afghanistan de son plein gré, le président américain George W. Bush ne laisse pas d'autre choix aux taliban que de se préparer à la guerre." Kaboul a exclut en fin de semaine toute autre démarche contre ben Laden car le livrer aux Américains serait "contraire à l'Islam". D'autant que, selon les taliban, Washington, qui considère le milliardaire d'origine saoudienne comme le suspect numéro un des attentats meurtriers du 11 septembre aux Etats-Unis, n'a pas fourni les preuves de sa culpabilité. Vendredi, pourtant, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a assuré au contraire que suffisamment de preuves étaient rassemblées pour obtenir une inculpation et une condamnation de ben Laden pour les attentats, dont le bilan définitif approchera sans doute 7 000 morts.

Un drone américain abattu

Pour Washington, l'ultimatum lancé aux taliban de lui livrer immédiatement ben Laden et les autres dirigeants de son organisation al-Qaida (la Base) n'est donc "pas négociable". Alors que la confrontation semble inéluctable, la milice des taliban a affirmé dans la matinée avoir abattu un drone américain dans la province de Samangan (nord de l'Afghanistan). L'incident, s'il était confirmé, serait la première confrontation directe entre Kaboul et Washington.

En prévision de la riposte, Washington, qui exclut le recours à l'arme nucléaire, a entrepris depuis plusieurs jours un redéploiement important de ses forces militaires vers le Proche-Orient et l'Océan Indien. Il s'est poursuivi depuis vendredi afin, selon le Pentagone, de donner un maximum d'options au président Bush. Le président s'est retiré pour le week-end dans sa retraite de Camp David, d'où il poursuivra les préparatifs de représailles. Il aura samedi une réunion en téléconférence avec les membres du Conseil national de Sécurité.

Les taliban de plus en plus isolés

Les Américains peuvent compter sur le soutien déterminé de l'Europe et de l'OTAN. Par ailleurs, après Israël, la Turquie a annoncé samedi qu'elle était prête à ouvrir son espace aérien aux Américains. Alors que le régime pakistanais a nettement pris ses distances avec eux, les taliban ont perdu un nouvel allié samedi : les Emirats arabes unis, l'un des trois seuls pays au monde avec le Pakistan et l'Arabie saoudite à reconnaître le régime afghan, ont décidé de rompre leurs relations avec Kaboul. Ils ont ordonné la fermeture de l'ambassade des taliban à Abou Dhabi et sommé ses membres de quitter le pays "dans les 24 heures". De son côté, Téhéran, qui n'a plus de relations diplomatiques avec les Etats-Unis depuis 1980, a indiqué avoir reçu un message des autorités américaines iraniennes relatif à la crise née des attentats.

Par AG le 22 septembre 2001 à 11:33
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