© PluriellesDans la petite cour de récréation d’une école maternelle de Californie, la maîtresse a pu voir ses élèves jouer à des jeux troublants de réalisme. A des milliers de kilomètres de New-York, les enfants ont aussi été très touchés par les attentats du 11 septembre. Ainsi le petit Paul, 3 ans, construit " une prison pour mettre les méchants dedans ". Paul est Français, il parle à peine l’anglais mais visiblement, il comprend tout. Paul avait regardé la télévision à peine deux-trois fois après la catastrophe. A ses côtés, un autre petit garçon fait une pyramide de cubes expliquant qu’il recherche les survivants et que " les pompiers étaient morts en essayant de les secourir ". Dans la classe, la maîtresse a choisi de laisser les enfants s’exprimer librement sur la tragédie.
Voir le moins d’images possible
Dans les premières heures qui ont suivi les attaques, des psychologues et des médecins intervenaient sur les chaînes de télévision américaine et suggéraient que les plus jeunes voient le moins d’images possibles. En effet, selon ces spécialistes, les enfants ne savent pas interpréter ces images. On explique ainsi que pour ceux qui ont entre 3 et 5 ans, chaque rediffusion d’images équivaut à un nouvel événement. La notion de rediffusion est inexistante pour eux, c’est donc à chaque fois un nouveau choc.
Depuis, les messages de précaution se multiplient, allant parfois jusqu’à l’excès. Par exemple, les débats avec des adolescents sur le plateau se multiplient. L’épouse du président américain, Laura Bush en personne, est même venue sur le plateau d’Oprah Winfrey (célèbre présentatrice de télévision sur la chaîne ABC) pour aborder cette question.
Un mythe d’invincibilité sérieusement terni
L'Amérique, frappée au cœur tente de surmonter le traumatisme provoqué par l'attaque terroriste la plus sanglante de son histoire. "Le sentiment de sécurité des Américains a été profondément bouleversé, changé à jamais, et le mythe de l'invincibilité des Etats-Unis sérieusement terni", indiquait Robert Goldman, professeur de droit international à l'American University de Washington, quelques jours après le drame. "Il est important que les enfants mais aussi les adultes comprennent qu'il est normal de se sentir perdu, effrayé, en colère ou impuissant" déclarait-il.
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