© INTERNEAprès la réunion de jeudi entre les ministres de l’Intérieur et de la Justice sur la lutte anti-terroriste, les chefs d’Etat et de gouvernement de se sont retrouvés à leur tour à Bruxelles pour un sommet extraordinaire. Décidé lundi, son ordre du jour était bien évidemment consacré aux conséquences des attentats du 11 septembre. A l'issue de leur réunion, les Quinze ont adopté vendredi soir un "plan d'action" pour lutter contre le terrorisme qui est "un véritable défi pour le monde et pour l'Europe", a déclaré le Premier ministre belge Guy Verhofstadt. Pour eux, une riposte américaine est "légitime" après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis mais ils ont insisté pour que cette réponse soit "ciblée" et se situe sous l'égide des Nations unies. Reste qu'ils se disent prêts à soutenir "des actions militaires nécessaires"
Le Conseil de l'Europe appelle à la création d'une liste commune sans précédent, répertoriant les groupes terroristes présumés en Europe. Les dirigeants réunis à Bruxelles ont souligné qu'ils souhaitaient qu'une coalition internationale contre le terrorisme s'organise sous l'égide de l'ONU. Selon un haut diplomate européen, on pourra lire dans la déclaration finale: "Le Conseil européen appelle les ministres de la Justice et de l'Intérieur à se charger de l'identification d'organisations terroristes présumées en Europe, afin d'en dresser une liste." Il a ajouté que la liste pourrait ne pas être rendue publique, contrairement à son équivalent américain regroupant les "organisations terroristes étrangères". Elle serait utilisée comme un outil de coopération entre les Quinze. Les ministres de la Justice et de l'Intérieur doivent boucler d'ici le 7 décembre le dossier sur la création d'un mandat d'arrêt européen.
Sanctions à l'égard du régime taliban
Le président français Jacques Chirac a préconisé un renforcement du rôle des Nations unies dans la lutte contre le terrorisme et la création d'un organe spécifiquement consacré à ce combat. Intervenant devant les Quinze au début de ce sommet, Jacques Chirac a demandé l'application des douze conventions des Nations unies contre le terrorisme et "dans l'immédiat", proposé la création d'un groupe d'experts chargé de l'application de la résolution 1333 de décembre 2000 sur la lutte contre le terrorisme en Afghanistan. Cette résolution établit des sanctions financières, commerciales et aériennes à l'égard du régime des taliban. Le président français a par ailleurs affirmé que selon "les services" de renseignement français "tout converge" vers une implication de l'organisation d'Oussama ben Laden dans les attentats du 11 septembre à New York et à Washington.
Réagir à Quinze
Tant Jacques Chirac que le Premier ministre français Lionel Jospin ont souligné la nécessité de lutter contre les circuits financiers clandestins qui viennent en aide au terrorisme. Pour M. Jospin, il y a "un temps pour l'expertise", mais il y a désormais "un temps pour l'action". Il faut reprendre ce dossier "avec vigueur" et "avec une volonté internationale plus forte que par le passé", a-t-il ajouté.
Lionel Jospin a notamment insisté sur la lutte contre les centres financiers off-shore qui favorisent non seulement le blanchiment mais aussi ce qu'on appelle "le noirciment des capitaux", c'est-à-dire le recyclage de produits financiers dans le terrorisme. En matière économique, Jacques Chirac a souhaité que l'Union européenne envoie un message de confiance dans "la capacité de réaction et la volonté de coopération" à Quinze.
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