Jamais la ville d'Annaba, à 600 kilomètres à l'est d'Alger, n'avait connu pareil carnage. Dans la soirée de dimanche, un groupe d'hommes en armes, vêtus de tenues de gendarmes, ont massacré sept personnes à l'arme blanche et à la Kalachnikov sur la plage d'Oued Bagrat, à sept kilomètres de la ville. Depuis une quinzaine de jours où les actes de barbarie ont recommencé, la presse algérienne s'interroge avec inquiétude sur l'interminable fiasco de la gestion du terrorisme, alors même que la capitale Alger, désormais, n'est plus épargnée.
Tuerie à la plage
D'après le témoignage des quelques rescapés, une quinzaine d'hommes sont descendus du mont Edough qui surplombe la côte aux alentours de 21 heures, dimanche. Ils ont d'abord dressé un faux barrage sur la petite route menant à la plage de Djenane El Bey. Revenant de la ville où ils avaient fait des provisions, cinq campeurs se sont fait intercepter par les faux gendarmes, qui ont commencé par les interroger. Méfiants, les cinq jeunes gens, âgés de 25 à 35 ans, ont tenté de s'enfuir. Trois ont été égorgés et deux autres, l'un atteint de 8 balles dans le bras et l'autre simulant la mort, ont échappé à cette première tuerie. Un peu plus loin, un couple d'adolescents de 16 et 19 ans, regagnant leur voiture après une journée à la plage, a été égorgé aussitôt arrivé sur le parking.
Les quinze terroristes sont alors descendus sur la plage, où 26 campeurs avaient établi leur campement. Tirant dans la foule au fusil-mitrailleur, ils ont abattu deux jeunes vacanciers et un surveillant de baignade saisonnier âgé de 21 ans. Les rescapés ont dû se précipiter à l'eau et nager jusqu'au large pour échapper à la mort, se condamnant à passer une bonne partie de la nuit à plusieurs centaines de mètres du rivage, en attendant les secours. Mais ce n'est qu'aux alentours de 1 heure du matin que les services d'urgence, accompagnés d'unités de la Protection civile, sont arrivés sur les lieux.
Groupe obscur
Le quotidien El Watan attribue ce carnage au groupe "émir Mébrek", toujours actif dans la zone du mont Edough malgré les offensives des forces de sécurité. Ce même groupe avait pris sous son feu une patrouille de gendarmes, le 20 juillet dernier, tuant le chef de brigade en faisant sauter son pick-up. Cette tuerie intervient d'autre part alors que, depuis une quinzaine de jours, les meurtres collectifs, les faux barrages et les attentats à la bombe ont violemment repris, y compris dans la Casbah d'Alger, où une bombe à explosé jeudi dernier, blessant 34 personnes. Un décompte établi à partir des bilans officiels et des informations de presse indique que, depuis le début de l'année, près de 2.000 Algériens, civils, soldats ou terroristes, ont trouvé la mort.
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