Depuis le 11 septembre, les communautés musulmanes sont victimes de menaces, voire d’exactions dans plusieurs pays occidentaux. Aux Etats-Unis, deux crimes racistes ont été commis, apparemment en représailles des attentats.
Crimes racistes
"M. (Balbir Singh) Sodhi a semble-t-il été tué uniquement parce qu'il avait la peau foncée, une barbe et qu'il portait un turban". Pour le procureur du comté de Maricopa, Rick Romley, le meurtre d’un indien dans une station service de l’Arizona ce week-end est considéré comme un crime raciste lié aux réactions anti-musulmanes consécutives aux attentats de New York et Washington. Il s’agit d’une "violation des idéaux de l'Amérique", a-t-il dénoncé. Originaire du Pendjab, Sodhi appartenait à la communauté sikh et vivait aux Etats-Unis depuis une dizaine d'années. La police a arrêté un suspect, Frank Roque, âgé de 42 ans, qui aurait déclaré au moment de son arrestation être "un patriote, un Américain". Inculpé de meurtre au premier degré et de tentatives de meurtre, ce dernier est également soupçonné d'avoir tiré sur une autre station-service dont le pompiste était d'origine libanaise. Le président indien Atal Behari Vajpayee s'est ouvertement inquiété lundi des attaques récemment subies par des sikhs aux Etats-Unis.
Un crime qui n’est pas isolé : dans la localité de San Gabriel (Californie), un commerçant d'origine égyptienne, Adel Karas, un chrétien copte de 48 ans, a été assassiné samedi par trois hommes qui ont fait irruption dans son magasin. Au Texas, les forces de l'ordre enquêtent de leur côté sur le meurtre d'un épicier pakistanais survenu également au cours du week-end. La multiplication des agressions à l’encontre des musulmans et des personnes qui leur sont assimilés aux Etats-Unis a amené le président George W. Bush à se rendre lundi à la mosquée de Washington. "Le visage de la terreur n’est pas le vrai visage de l’islam, ce n’est pas le principe de l’islam. L’islam est une religion de paix. Ces terroristes ne représentent pas la paix, ils représentent le mal et la guerre", a-t-il affirmé.
"Profil bas" et condamnations
Au Canada et en Australie, la police a été saisie de cas de menaces, d’insultes et de violences contre des musulmans et des lieux de cultes et magasins leur appartenant. Des actes immédiatement condamnés par les autorités politiques de chaque pays. Aujourd’hui, les communautés musulmanes vivent dans la crainte, comme à New York. Dans le quartier arabe d'Atlantic Avenue, au cœur de Brooklyn, les boutiques gardent leur rideau de fer baissé tandis que la police stationnent aux carrefours et dans le métro. "Nous avons demandé aux gens de garder un profil bas et d'être prudents", a précisé jeudi dernier l'administrateur d'une importante mosquée de Toronto, Majad Syed. "Quand les gens sont en colère (...), ils cherchent à se défouler sur d'autres et nous sommes la cible la plus facile", a-t-il ajouté. En Australie, au Canada et aux Etats-Unis, comme dans la très grande majorité des autres pays, les représentants des communautés musulmanes ont clairement condamné les attentats du 11 septembre.
En Europe aussi... Aux Pays-Bas, une école islamique et une mosquée ont été endommagées par des incendies ; en Pologne, une mosquée a été attaquée à coups de pierre ; en Grande-Bretagne, un incendie qui pourrait être d'origine criminelle s'est déclaré dans une mosquée près de Manchester ; au Danemark, un homme qui voulait mettre le feu à une mosquée de Copenhague a été arrêté. En France, aucun acte de violence à l’encontre de musulmans ou de lieux de culte n’a été signalé à ce jour. A l’inverse, le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, affirme dans une interview au Figaro n'avoir "aucun indice" d'une quelconque "nervosité" au sein de la communauté musulmane. |








