© INTERNENom : résolution 1 373. Prise d'effet : immédiate. Les quinze membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont voté hier soir un texte obligeant tous les Etats à refuser financement, soutien et asile aux terroristes. La résolution menace de sanctions tout pays qui refuseraient de coopérer à la lutte antiterroriste menée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre. Signe de la détermination de l'ONU à la faire appliquer, le texte présenté par les Etats-Unis a été adopté en à peine plus de 24 heures de consultations, une célérité tout à fait inhabituelle dans cette instance. "Ce soir, le Conseil de sécurité a fait l'Histoire", a déclaré le président du Conseil, l'ambassadeur de France Jean-David Levitte. "Nous avons adopté une résolution très ambitieuse, une stratégie globale pour combattre le terrorisme sous toutes ses formes, à travers le monde", a-t-il ajouté.
Création d'une commission de surveillance
La résolution réaffirme que le terrorisme constitue "une menace à la paix et à la sécurité internationale" et rappelle "le droit inhérent" de chaque Etat membre à la légitime défense. Américains et Européens estiment que cette disposition de la Charte est suffisante pour autoriser une riposte militaire des Etats-Unis contre Oussama ben Laden et son réseau Al Qaida, désignés comme les premiers suspects dans la campagne d'attentats du 11 septembre sur le sol américain. La résolution est placée sous le chapitre VII de la Charte qui permet au Conseil de prendre des mesures coercitives contre les Etats qui refuseraient de coopérer. Il instaure à cet effet une Commission, composée des 15 membres du Conseil assistés d'experts, pour en surveiller la mise en oeuvre. Les Etats auront 90 jours pour informer la Commission des mesures qu'ils auront prises. La résolution demande aux Etats membres d'empêcher de lever de l'argent pour les terroristes et de geler "sans délai" les fonds et les avoirs des personnes ayant commis ou tenté de commettre des actes terroristes ou leur ayant prêté la main.
Quelle définition pour le terrorisme ?
La résolution ne tente pas de définir le terrorisme, que les pays arabes refusent de voir assimiler à "la lutte de libération" contre Israël. L'ambassadeur britannique Jeremy Greenstock a reconnu qu'il appartiendra à l'Assemblée générale qui entame un débat lundi sur le terrorisme de le faire. Mais cela prendra des mois et "il y a maintenant, aujourd'hui, une menace réelle à la paix et à la sécurité", a-t-il dit. Et, a-t-il ajouté, "la plupart du temps, si cela ressemble à un terroriste et fait du bruit comme un terroriste, c'est un terroriste".
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