© INTERNE![]() Une poignée de main pour commencer - DR |
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a finalement donné son feu vert à ce face-à-face si convoité par les partisans du processus de paix, et finalement exigé par les chancelleries occidentales. Première étape vers une entente sur les termes d'un cessez-le-feu efficace, cette rencontre pourrait être également le signal de départ d'une suite de pourparlers entre deux hommes qui se connaissent, s'estiment politiquement et ont partagé, avec le Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, un Prix Nobel de la Paix en 1993.
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On a craint que l'explosion d'une bombe, tôt mercredi matin près du lieu prévu pour la rencontre, ne menace celle-ci d'une nouvelle annulation. Trois soldats ont été blessés par l'explosion, dont un grièvement. Ariel Sharon aurait pu prendre prétexte de ce nouvel attentat pour repousser une nouvelle fois l'entrevue. Il avait immédiatement convoqué une réunion avec Shimon Peres pour évoquer le maintien ou non du rendez-vous, tandis que Yasser Arafat, de son côté, patientait dans l'aéroport désert. En outre, pendant la rencontre, un adolescent palestinien a été tué et onze autres personnes blessées par des tirs de l'armée israélienne à quelques kilomètres de l'aéroport, dans le secteur où les soldats de Tsahal avaient été blessés dans la matinée.
Embuscade meurtrière, tirs de mortier, exigence de "48 heures de calme absolu" : les arguments donnés ces derniers jours par M. Sharon pour repousser une rencontre bilatérale entre son ministre des Affaires étrangères et le président de l'Autorité palestinienne avaient varié. Mais la forte pression exercée par le gouvernement américain, soucieux de se garantir le soutien des pays arabes modérés dans la coalition antiterroriste qu'il met sur pied, a, semble-t-il, achevé de le convaincre. Il reste qu'Ariel Sharon, personnellement opposé à un tel sommet, continue de traiter Yasser Arafat de "terroriste".
Plan préétabli entériné
Le quotidien israélien Maariv avait révélé qu'Israéliens et Palestiniens avaient déjà mis au point un accord en trois phases, qui a été entériné mercredi par MM. Peres et Arafat. Deux premières phases de sept, puis quarante jours devront permettre aux deux parties de renouer leurs contacts sécuritaires, de condamner mutuellement les actes de violence et de punir leurs auteurs. Un comité sécuritaire conjoint devrait se réunir dès vendredi pour prendre les premières décisions concrètes. Israël s'engagerait alors à lever le blocus des villes et à faciliter la circulation dans les zones où règnera le calme. En contrepartie, l'Autorité palestinienne s'engagerait à arrêter les principaux activistes palestiniens accusés de terrorisme et à assurer une sécurité sans ambiguïté dans les territoires autonomes que Tsahal avait occupé la semaine dernière.
Une troisième phase, démarrant au terme de cinq semaines de silence des armes, devrait permettre de recréer un climat de confiance réciproque. Israël devra débloquer les avoirs palestiniens et contribuer à l'avancement de grands projets d'infrastructures. De son côté, l'Autorité palestinienne devrait s'engager à ce qu'une lutte systématique contre le terrorisme soit entérinée, ainsi que l'instauration d'une vaste collecte d'armes illégalement détenues dans ses territoires. Sans limite dans le temps, cette stabilisation sécuritaire, économique et politique doit rendre possible une reprise des pourparlers, en mort clinique depuis le triomphe électoral d'Ariel Sharon.
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