© INTERNEC’est à Camp David, dans la résidence présidentielle du Maryland, que George W. Bush a mis fin dimanche à la période de deuil national. Lors d’une cérémonie officielle, le drapeau américain a été à nouveau hissé alors qu’il était en berne dans tout le pays depuis les attentats du 11 septembre. A New York, des milliers de personnes se sont rassemblées au Yankee Stadium pour prier en hommage aux victimes.
"Notre moral n’est pas brisé"
Cette "Prière pour l'Amérique", premier grand rassemblement depuis les attentats, a commencé avec le chant patriotique God Bless America et des défilés de policiers jouant de la cornemuse devant un stade de 57 000 places dont moins de la moitié seulement était remplie. Plusieurs chaînes de télévision retransmettaient en direct la cérémonie ouverte par l’acteur James Earl Jones. "Notre moral n'est pas brisé, il est plus fort que jamais", a-t-il déclaré.
Bill et Hillary Clinton sont arrivés sous les applaudissements, suivis d'ecclésiastiques des principales confessions qui ont pris la parole l'un après l'autre. Après un Ave Maria émouvant chanté par Placido Domingo, le maire de New York Rudolph Giuliani, a galvanisé la foule en rendant hommage aux pompiers, aux policiers, à tous ceux qui "ne se sont pas arrêtés pour se demander quelle était la race, la religion, la nationalité" de ceux qu'ils allaient sauver. "Nous trouvons notre force dans la diversité, nous avons l'air différent, nous pensons et parlons différemment mais notre peuple est un, nous aimons notre ville et la liberté", a-t-il lancé, acclamé aux cris de "Rudy, Rudy". L'amiral Robert Natter, commandant en chef de la flotte Atlantique, s’est pour sa part adressé aux terroristes : "Vous avez choisi la mauvaise ville, vous avez choisi le mauvais pays".
Une cérémonie baptisée
"Prière pour l'Amérique" - DR
Rouge, blanc, bleu et noir
Par petits groupes, les New-Yorkais étaient arrivés dès la mi-journée au légendaire stade du Bronx, ouvert à toute personne munie d'un billet gratuit, accordé en priorité aux familles et amis des victimes. Parmi eux, les proches de plus de 300 pompiers et de nombreux jeunes financiers qui travaillaient dans le World Trade Center. En familles ou en groupes, ils sont venus souvent bien habillés, parfois vêtus de noir. Certains s'étaient maquillés aux couleurs rouge, blanc et bleu de la bannière américaine ou tenaient de petits drapeaux. 
La famille d'un pompier, mort ou disparu
"Je voulais montrer à mes enfants que même dans ce monde les gens s'aiment, que tout ira mieux
si nous restons tous unis", murmure une mère de famille, Ana Cotto, 47 ans. "Nous savons tous pourquoi nous sommes là. Nous avons refusé le processus normal de la douleur alors que l'on n'a pas retrouvé beaucoup de corps. On a besoin de mettre un point final pour au moins commencer le travail" de deuil, dit Stephen Chase, pompier de la caserne Engine 21, qui a perdu son capitaine, son beau-frère et une trentaine d'amis. Plus de 6.000 personnes restent toujours officiellement disparues dans les ruines du World Trade Center.
Une cérémonie pleine d'émotion
Record de popularité pour Bush 90% des Américains déclarent approuver le travail de leur président. Du jamais vu depuis les 60 ans d’existence de Gallup, l’institut de sondage qui a réalisé ce sondage pour CNN et USA Today auprès de 1 005 personnes interrogées vendredi et samedi. A la fin de la guerre du Golfe, en 1991, George Bush senior avait recueilli 89% d’opinions favorables. Les présidents Harry Truman (87%) et Franklin D. Roosevelt (84%) n’avaient pas fait mieux, le premier après la Deuxième guerre mondiale et le second, à la suite de Pearl Harbor, en 1942. |
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