L'Afghanistan par les cartes

Par Léonard VINCENT, le 08 octobre 2001 à 21h56 , mis à jour le 07 octobre 2001 à 22h16

Ce grand pays d'Asie centrale, considéré comme un verrou stratégique, est un pays de résistance et de lutte. tf1.fr vous propose de consulter quelques cartes, pour décrypter la situation de ce territoire de vallées fertiles et de montagnes désertiques qu'aucun empire n'a jamais pu maîtriser.

afghanistan carte militaire massoud taliban octobre 2001 © INTERNE

Au coeur de l'Asie centrale - tf1.fr
BOURBIER DES EMPIRES.
Moins d'un siècle après la fondation, en 1747, de la première dynastie nationale afghane par le pachtoune Ahmed Shah Durrani, à la suite du partage du pays entre les Moghols et les Perses, les Anglais qui tentent de s'emparer du royaume se heurtent à la détermination des patriotes afghans.
 
Leurs troupes se font massacrer après avoir dû abandonner Kaboul à l'issue de la première guerre anglo-afghane en 1841. Il ne faudra pas moins de trois conflits entre Britanniques et Afghans pour aboutir enfin à la reconnaissance internationale de l'indépendance de l'Afghanistan, en 1921. En 1948, l'Inde obtient son indépendance, mais aussi se voit arracher sa partie occidentale peuplée de Pendjabis, de Sinds et de Pachtounes : le Pakistan. Ce grand "frère" musulman va très vite devenir envahissant, pour le petit royaume afghan, toujours gouverné par le descendant de Ahmad Shah Durrani, le roi Mohammed Zaher Shah.


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Les Pachtounes, à cheval sur deux pays -tf1.fr
PACHTOUNES, TADJIKS, OUZBEKS, HAZARAS...
Le pays est constitué d'un assemblage de territoires peuplés de différentes ethnies. L'ethnie dominante est celle des Pachtounes. Ils sont originaires du sud et du sud-est du pays, qui représentent environ 40% de la population et sont d'obédience sunnite. Et des Pachtounes vivent aussi au Pakistan, où ils sont nommés "Pathans" : ce chevauchement territorial explique en partie l'indéfectible soutien pakistanais aux taliban pachtounes.
  En ordre d'importance viennent ensuite les Tadjiks (30%), dont était issu le commandant Ahmad Shah Massoud, les populations d'origine turque (Ouzbeks, Turkmènes, Kazakhs), soit 15%, les Hazaras du centre du pays (12%), chiites d'origine mongole, puis une poignée de populations tenues en piètre estime, tels les Baloutches, Brahuis, Arabes ou Nouristani, soit 2 ou 3%. Deux langues sont pratiquées : le dari ou farsi (persan) et le pachto. La plupart des Pachtounes — et a fortiori les taliban — souhaitent faire du pachto la langue nationale.


En bleu, les zones tenues par l'Alliance
En orange, les zones tenues par les taliban - tf1.fr
PRECIEUSE ENCLAVE. En accédant à l'Indépendance, l'Afghanistan est enclavé entre les Empires russe, ottoman et britannique des Indes. Aucun d'eux ne pourra vaincre les résistances patriotiques des Afghans, même par une diplomatie insidieuse et manipulatrice. Au XXe siècle, l'Union soviétique s'y cassera les dents, après avoir voulu soutenir en 1979 un régime communiste inadapté aux structures sociales et politiques du pays. L'Armée rouge se retire en 1989, laissant en place un régime fidèle, toujours en butte aux combats dans les montagnes. Car un gouvernement d'opposition de moudjahidin, installé au Pakistan, poursuit la lutte contre les autorités de Kaboul. Le président Najibullah, placé par Moscou à la tête du parti en mai 1986, est destitué le 16 avril 1992. Un gouvernement de moujahidin prend le pouvoir où Ahmad Shah Massoud est ministre de la Défense. Accusant le pouvoir de bafouer les droits des Pachtounes et revendiquant leur part du pouvoir, quelques chefs de guerre continue de faire feu contre leurs compatriotes. C'est le début d'une guerre civile entre les principales factions.

A la faveur de la confusion, des "étudiants en théologie" d'origine pachtoune — les taliban —, fortement armés et formés au Pakistan par des militaires pathans, soutenus tacitement par la CIA soucieuse de contrer l'influence chiite dans la région, prennent le pouvoir à Kaboul le 27 septembre 1996. Najiboullah et son frère sont arrachés à la protection de la Croix-Rouge, émasculés et pendus en public. Les ténèbres de la Charia tombent sur le pays. Cinq ans plus tard, les miliciens taliban contrôlent près de 80% du territoire, les forces armées de l'Alliance du nord représentant le gouvernement légitime se battent toujours.

Par Léonard VINCENT le 08 octobre 2001 à 21:56
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