Alerte à la Maison Blanche

Par Franck LEFEBVRE, le 24 octobre 2001 à 23h01 , mis à jour le 23 octobre 2001 à 23h12

Des traces du bacille du charbon ont été découvertes dans le centre de tri postal dont dépend la présidence américaine. Le FBI a publié cette nuit le contenu de plusieurs des lettres reçues avec de l'anthrax.

maison blanche conference presse © INTERNE

Hier soir, le porte-parole de la Maison Blanche Ari Fleischer a indiqué que des traces de la présence d'anthrax avaient été détectées, lors d'un test, sur une machine à ouvrir les enveloppes du centre de tri postal servant la présidence américaine, qui se trouve à plusieurs kilomètres de là. Un constat qui ne signifie pas nécessairement qu'une lettre piégée a effectivement été envoyée à la Maison Blanche - d'autant que les tests qui y ont été aussitôt pratiqués se sont révélés négatifs.

Bush va bien

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Mais, signe de l'inquiétude de l'exécutif américain, le président George W. Bush est apparu peu après cette annonce pour répondre aux questions des journalistes ; il a affirmé qu'il n'avait pas la maladie du charbon et pensait pouvoir retourner travailler à la Maison blanche en toute sécurité. Il a cependant refusé de dire s'il avait subi des tests médicaux. De quoi alimenter la psychose de l’anthrax dans tout le pays, d’autant plus que l’origine de l’attaque reste toujours mystérieuse.

Dans l’après-midi, le porte-parole de la présidence avait accusé des "terroristes internationaux" d'être à l'origine des lettres contaminées. "Cet envoi de courriers piégés est une attaque contre les Etats-Unis", ajoutait alors Ari Fleischer. C'était la première fois qu'un responsable de la Maison Blanche faisait état aussi clairement de liens possibles entre les contaminations bactériologiques et les attentats suicide du 11 septembre.

"Ces bacilles sont de nature militaire"

Un soupçon largement partagé par le chef de file des démocrates à la Chambre des Représentants, Richard Gephardt : "Je ne pense pas que l'on puisse le prouver, mais nous le soupçonnons tous" a-t-il déclaré après un petit déjeuner de travail à la Maison Blanche avec le président George W. Bush, en compagnie des autres dirigeants du Congrès. "Il faut cesser de couper les cheveux en quatre. Ne pas reconnaître que ces bacilles sont de nature militaire est contre-productif", a-t-il asséné, en relevant que la lettre contaminée reçue par les services du chef de la majorité démocrate au Sénat, Thomas Daschle, contenait des bacilles en particules extrêmement fines, pouvant se répandre facilement dans l'air.

En attendant de nouveaux indices, l’anthrax continue à faire des victimes. On a ainsi eu confirmation mardi que les deux employés des postes de Washington morts lundi avaient bien contracté la forme pulmonaire de la maladie du charbon, ce qui porte à trois le nombre de décès dus à cette maladie.

Le FBI publie les lettres contaminées au bacille du charbon

Le FBI a publié mardi les trois lettres contaminées au bacille du charbon qui ont été postées aux Etats-Unis à l'adresse d'un membre du Congrès et de deux médias américains. Les trois lettres présentent des similarités dans la calligraphie et le contenu. Elles sont écrites en lettres majuscules et apparemment, selon des graphologues, par une ou des personnes qui ne sont ni des Américains ni des occidentaux. Toutes les trois portent la date du 11 septembre, en référence aux attentats qui ont frappé les Etats-Unis. Les trois ont été postées à Trenton, dans le New Jersey.

-La première lettre est celle adressée le 12 octobre au journaliste vedette de la chaîne de télévision NBC, Tom Brokaw. Après l'avoir ouverte, son assistante Erin O'Connor, 38 ans, a développé la forme cutanée de la maladie. Voici le texte : "C'est la suite, Prend la penacilin (ndlr: avec une faute d'orthographe dans le texte), maintenant Mort à l'Amérique, Mort à Israël, Allah est Grand".

-Le 15 octobre, le Sénat avait annoncé qu'une lettre envoyée au chef de la majorité, Tom Daschle, était contaminée par le bacille du charbon. Cette deuxième lettre est écrite également en majuscules mais avec des lettres légèrement plus petites : "Vous ne pouvez pas nous arrêter. Nous avons cet anthrax. Vous mourir maintenant (sic) Avez-vous peur ? Mort à l'Amérique. Mort à Israël. Allah est Grand".

-Le 19 octobre, une employée du New York Post tombe malade après avoir contracté la forme cutanée de la maladie. C'est la troisième lettre contaminée, non ouverte, qui est trouvée au quotidien. Son contenu est exactement le même que celui de la première.

Photo d'ouverture : conférence de presse à la Maison Blanche sur les cas d'anthrax aux Etats-Unis - DR

Par Franck LEFEBVRE le 24 octobre 2001 à 23:01
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